TARTELETTE ET COURSE À PIED

Sophie nous demande : « Combien de temps dois-je courir pour éliminer une tartelette aux pommes ? ». Elle nous précise qu’elle est gourmande et pratique le footing pour être en forme mais aussi pour continuer à se faire plaisir à table ! Aidons Sophie à rester motivée !

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport

 

Il n’y a pas de honte à faire du sport pour garder la ligne et soigner sa silhouette. Selon les études sociologiques, ces objectifs sont omniprésents chez la majorité des pratiquantes. C’est un but tout à fait louable tant la surcharge pondérale est nocive pour la santé. Mais, vous le savez, la course ne se montre réellement efficace que lorsqu’elle accompagnée d’une alimentation équilibrée. En revanche, elle permet de « digérer » quelques écarts bons pour le moral…

C’est la distance qui compte !

Il existe plusieurs équations pour tenter de déterminer la quantité d’énergie que vous consommez en courant. Je vous propose l’une des plus simples. Elle constitue une bonne approximation. Vous brûlez 600 kilocalories, soit une tartelette, tous les 10 km, qu’elle que soit votre vitesse. C’est la distance qui compte. Faites 2 heures en marchant, 1 heure en trottinant ou faites exploser les chronos en bouclant vos 10 bornes en 35 minutes, vous aurez dépensé la même quantité d’énergie !

Et la résistance de l’air ?

Contrairement au vélo, à pied, la résistance de l’air intervient peu. Cette dernière évolue en fonction de la vitesse au carré. Ainsi, vous comprenez qu’en roulant vite, son influence augmente considérablement. Entre 30 et 40 km/h, on considère qu’elle participe à 30 % de la consommation calorique du cycliste… d’où l’intérêt crucial de rouler en peloton ! En course à pied, sans vent contraire, on la considère comme relativement constante. Sur tapis, si vous souhaitez courir vraiment 10 km en reproduisant la résistance de l’air, il vous faut mettre une pente de 1,5 %… et cette adaptation reste pertinente pour toutes vos séances en salle. C’est d’ailleurs dans ces conditions que sont réalisés les tests physiologiques en laboratoire.

Et le poids ?

La règle des 600 kilocalories pour 10 km ne tient pas compte de votre poids. Pourtant à chaque pas, à chaque foulée, vous soulevez votre centre de gravité ; votre masse modifie votre dépense énergétique. Aussi, existe-t-il une équation plus précise mais assez simple :

Dépense énergétique = 1 kilocalorie x km parcourus sur le plat x poids de corps en kg.

Vous constatez que ce calcul reprend notre première notion si vous pesez 60 kg. Ainsi, vous brûlez 700 kilocalories au cours de vos 10 km si vous pesez 70 kilos, et seulement 500 si vous en pesez 50. Plus vous maigrissez, moins vous brûlez de tartelettes… par chance, vous en avez moins besoin !

Et le rendement ?

La pratique vous aide à acquérir un style plus rentable… donc moins coûteux en énergie. Vous sautillez moins, vous soulevez moins votre corps. Vous n’écrasez plus vos appuis, vous n’êtes plus obligée de pousser aussi fort à chaque relance. Peu à peu, votre foulée est plus tonique. À chaque réception, vos muscles accumulent davantage d’énergie élastique, qu’ils restituent plus vers l’avant et moins vers le haut ! Les études semblent montrer qu’avec l’expérience, vous dépensez 10 à 15 % en moins d’énergie pour courir la même distance. En pratique, si vous débutez, optez pour l’équation : Dépense énergétique = 1,1 kilocalorie x km parcourus sur le plat x poids de corps en kg.

Et après le footing ?

Lorsque vous faites un footing, vous avez chaud et vous provoquez des microlésions dans vos muscles. Parfois même, vous êtes essoufflée. Pour évacuer la chaleur et propulser plus du sang vers la peau et les glandes sudorales, le cœur continue à battre plus vite quelques minutes. Afin d’éliminer les déchets et reconstruire les fibres musculaires abîmées, les cellules s’activent pendant de longues heures. Pour « rembourser la dette en oxygène », pour amener ce gaz précieux dans les tissus surmenés, les muscles respiratoires et cardiaque continuent à travailler jusqu’à disparition de votre essoufflement. Ces dépenses supplémentaires augmentent d’autant plus que la séance a été intense. Là encore, il faut ajouter 10 à 15% de calories supplémentaires !

Et en 1 an ?

Courir 10 kilomètres pour brûler une petite gourmandise, la sanction vous paraît un peu lourde ! Mais rassurez-vous, les petits ruisseaux font les grandes rivières. L’efficacité du sport dans votre stratégie minceur s’inscrit sur le long terme ! Si vous courez 1h, 3 fois par semaine, vous consommez environ 95 000 kilocalories par an. Un kilogramme de tissu adipeux contient 7 000 kilocalories. Ce qui vous évite de prendre 14 kg ! C’est diablement efficace ! Voilà qui représente quelques écarts et repas festifs ! Bon appétit… et bon jogging !

 

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