LE SURENTRAÎNEMENT DE LA CONJOINTE

Valérie a 38 ans. Elle pratique la course à pied avec régularité mais sans faire de compétition. Elle me consulte car elle se sent fatiguée et semble régresser. Je lui prescris une prise de sang. Je recherche notamment un manque de globules rouges ou une carence en fer. Son bilan redevient normal. Je complète avec une épreuve d’effort qui montre un comportement cardiaque rassurant mais une baisse de sa condition physique. Mon hypothèse initiale d’un surentraînement semble se confirmer…

Elle court avec son mari 3 fois par semaine. L’homme de sa vie est un bon marathonien. Il parcourt les 42,195 km en 3h15. Il effectue avec elle ses courtes sorties en endurance.

J’interroge Valérie : «‑Les footings avec votre mari sont-ils difficiles ? Êtes-vous essoufflée ?‑» Elle me répond : «‑C’est un peu dur. J’ai du mal à parler. De toute façon, Thierry caracole souvent 1 mètre devant et, quand j’arrive à sa hauteur, il me lance : « Super ! Tu es en forme ! »… et il accélère un peu ! »

J’en déduis : «‑Valérie, je crois que vous êtes victime du « syndrome de surentraînement de la conjointe ». C’est un grand classique ! Pour suivre votre mari plus doué que vous, vous faites toutes vos sorties au « seuil »… à la limite de l’essoufflement ! Ce surmenage insidieux est souvent plus délétère que des séances pénibles de piste bien réparties. Je vous invite vraiment à ne réaliser ce type de séance qu’une fois par semaine. Complétez avec 2 « footings-balades » en aisance respiratoire totale. » Valérie : «‑Ça me va ! Thierry peut même faire son fractionné et revenir vers moi en trottinant. On pourrait appeler ça le « syndrome de l’épagneul breton » ! »

DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT

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