SPORT À 30, 40, 50 ET 60 ANS : PRUDENCE

Philippe a 50 ans. Il vient me voir pour son certificat d’aptitude au cyclisme en compétition. Pour cause de douleurs articulaires, il a arrêté le marathon il y a 4 ans. Depuis, il participe à des cyclosportives. Je procède au bilan cardio-vasculaire classique. Tout est rassurant. Nous parlons nutrition et entraînement. Néanmoins, je conclus en lui proposant de réaliser une épreuve d’effort. Il faut que Philippe pédale jusqu’au maximum de ses possibilités alors qu’un électrocardiogramme surveille l’oxygénation de son cœur. Il a peut-être quelques plaques de graisse qui obstruent partiellement les artères de son cœur. Au cours du sport, elles pourraient se déchirer et provoquer une crise cardiaque.

Philippe : Encore ! Vous m’avez déjà prescrit un test d’effort il y a 5 ans, quand je faisais de la course de fond ! Désormais, mes séances sont plus longues mais moins intenses !

Le doc : Même, si avec les années, on a tendance à s’entraîner moins dur, il faut continuer à surveiller. Le temps passe et le coeur devient plus fragile. Une étude menée par le docteur JOUVEN met en évidence que l’âge moyen de la mort subite est de 30 ans en football, 40 ans en course à pied, 50 ans à vélo et 60 ans en randonnée. De plus, vous ne pédalez pas avec un défibrillateur dans votre sac à dos ! Selon le même auteur, son utilisation multiplie par 40 le nombre de sportifs arrivant vivants à l’hôpital. Heureusement que les stades sont de plus en plus équipés ! Enfin, sortez toujours entre copains, le massage cardiaque simple, sans bouche à bouche, quadruple le taux de survie dans l’attente des secours.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

Comments are closed.