AU CŒUR DU CAP FEMINA AVENTURE 2013

Au cœur du désert marocain, le Cap Fémina Aventure vous emmène à travers un raid automobile exclusivement réservé aux femmes. Rallye, solidarité et rencontre avec la population sont les ingrédients qui constituent cette aventure. SantéSportMagazine a rencontré l’organisatrice, le médecin et une cap’fée. Tous trois acteurs de ce raid solidaire, pour nous en parler.

Propos recueillis par Muriel Sultan

 Cap Femina Aventure - SanteSportMagazine Feminin 10 - credit Maienga 2013

Dominique Serra est organisatrice et fondatrice du raid Cap Fémina Aventure et du rallye Aïcha des Gazelles. Venant du monde des ressources humaines et de la communication, elle aime « gérer les relations humaines ».

Quelle a été ta motivation première pour la mise en place de ce raid ?

La motivation première est l’admiration portée aux femmes. Elles ont envie d’avoir des bulles de dépaysement, de bonheur et de liberté à elles. Avec le Cap Fémina Aventure, j’apportais aux femmes une autre dimension : le défi solidaire, la possibilité d’aller au devant des populations et à la rencontre du Maroc. L’automobile est le fil rouge qui relie le Cap Fémina Aventure au rallye Aïcha des Gazelles. Des gazelles viennent trouver dans le Cap Fémina une plénitude et de l’autre côté, le Cap Fémina permet de mettre son pied à l’étrier pour partir sur le rallye Aïcha des Gazelles.

Le Cap Fémina semble plus cool que le rallye Aïcha des gazelles !

C’est vrai car il est organisé en conséquence. Ces deux événements apportent des satisfactions totalement distinctes.

As-tu d’autres ambitions et défis ?

Un projet est sorti de la tête d’un de mes collègues. Le 24 mai 2014 aura lieu le premier lol and run, une course d’orientation dans la garigue. Les participantes devront chacune aller pointer leur balise. Elles se retrouveront dans des défis du quotidien. Il s’agira aussi d’une aventure uniquement féminine et uniquement pour le plaisir… pour se retrouver entre nous avec un brin d’autodérision. Le projet est limité à 300 participantes. Allez sur www.lolandrun.com ! On a été précurseur sur le monde de l’aventure féminine et l’on a envie de continuer. Les filles, on connaît, on sait comment elles fonctionnent et elles nous font confiance.

Si tu avais un message à faire passer aux filles qui hésitent à franchir le pas de l’aventure…

Il y a un moment dans la vie où l’on se dit « là je n’en peux plus ! » On a envie de faire autre chose. Nous, les femmes, on est élevé dans le devoir. On nous apprend très rapidement à devoir gérer le boulot, la famille, les enfants, les maris et, je dis toujours en rigolant, les amants en même temps. À un moment, on a besoin de savoir de quoi on est capable en dehors de ce quotidien et en dehors de ce pourquoi on nous a programmées. Ce genre d’événement est un tremplin.

Cap Femina Aventure 2 - SanteSportMagazine Feminin 10 - credit Maienga 2013

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Johan, médecin urgentiste, travaille dans un centre hospitalier en Loire-Atlantique. Il est le médecin du Cap Fémina Aventure.

Quels types de pathologie rencontres-tu sur cet événement ?

Il s’agit principalement de pathologies digestives type touristas, et des pathologies ORL, comme des angines. Le climat est très sec et très chaud donc les muqueuses n’aiment pas du tout. Je traite aussi tous les petits soucis du quotidien et les urgences vitales si besoin.

En tant que médecin, quels conseils leur apportes-tu ?

Les premiers conseils que je leur donne, dès la visite médicale, est de boire beaucoup d’eau. Avec ce climat, on se déshydrate rapidement et l’on ne s’en rend pas compte. En plus, on sue peu car le temps est très sec. Les conseils sont donc de boire au moins deux litres d’eau par jour. Au-delà des conseils d’ordre médical, elles reçoivent des conseils de sécurité. On insiste énormément sur la sécurité : ceinture de sécurité obligatoire, casque obligatoire, et puis ralentir dans tous les villages, même les petits car il y a beaucoup d’enfants.

Quel regard portes-tu sur toutes ces femmes ?

Elles sont très consciencieuses. Elles prennent toujours tout ce que je demande pour la trousse médicale par exemple. Après, certaines filles sont plus anxieuses. De façon générale, elles sont très fortes et très courageuses.

Comment les filles gèrent-elle cette course ?

Elles sont toujours très concentrées ce qui fatigue énormément le corps. Elles dorment peu. La fatigue physique et psychologique est ce que je constate le plus.

Si tu avais un message à faire passer aux filles qui hésitent à franchir le pas de l’aventure…

Je leur dis toujours qu’elles vont vivre une expérience extraordinaire. Et qu’elles le sentiront principalement après. Il m’est arrivé de voir toutes les filles en pleurs à la fin d’un Cap Fémina car elles allaient se quitter et retourner au bureau.

Cap Femina Aventure 3 - SanteSportMagazine Feminin 10 - credit Maienga 2013

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Dana est une participante de l’édition 2013 du Cap Femina Aventure. Passionnée et motivée par le défi sportif, cette Israélienne souhaitait aussi découvrir le pays natal de ses parents, tous deux nés au Maroc. Une aventure qui lui a rappelée son séjour à l’armé.

Qu’est-ce qui t’attirait dans ce défi sportif ?

La navigation ! Le départ en 4×4 ! J’ai déjà conduit des 4×4 à l’armée. Mais ici, il s’agit d’une autre méthode de navigation : avec un road-book. Et puis, le 4×4, je connaissais car je suis née dans le désert. Il s’agissait d’un aparté pour retrouver certaines sensations de mon pays natal.

Tu es sportive. Cela t’aide-t-il sur cette aventure ?

Je pratique toujours la natation car je suis actuellement maître-nageur. Pour me préparer au rallye, j’ai ajouté des séances de tai-chi et de yoga. Je me suis préparée avec ma coéquipière, rencontrée suite à un appel qu’elle a lancé à la radio. On se voyait pour faire du 4×4 et pour lire les road-book. Un copain militaire nous a formées. Ensuite, on a participé à un stage dans l’Oise pour le pilotage. On s’est préparé de janvier jusqu’au mois de septembre.

Tu es maman de 2 enfants, tu travailles et tu es sportive. Comment arrives-tu à tout concilier ?

Oui et j’ai même encore le temps de faire d’autres choses (rires). Maintenant, mes enfants sont un peu trop grands mais avant, ils me suivaient partout lorsque j’allais faire du sport. On continue à faire de la plongée ensemble, de l’escalade, du rappel, beaucoup de sport…

Sur le plan personnel, que t’apporte cette aventure ?

Je suis très heureuse. Mon premier bonheur est de savoir que je peux réaliser les objectifs que je me fixe. Je le fais depuis quarante ans et pourvu que cela dure. Cette aventure m’a ouvert une porte vers quelque chose que je ne faisais pas avant en France. Et la découverte de ce pays est merveilleuse. J’aimerais aller de l’avant et, pourquoi pas, découvrir un autre pays de cette façon là.

Si tu avais un message à faire passer aux filles qui hésitent à franchir le pas de l’aventure…

Je leur dirais que le sport c’est la santé (rires). On peut tous les jours faire une petite marche, gérer ce que l’on mange et se fixer des objectifs au niveau sportif mais aussi au niveau de sa santé.

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