STÉPHANIE MAUREAU, UN RÊVE QUI DEVIENT RÉALITÉ

Stéphanie MAUREAU, membre du team Adidas outdoor, vient de réaliser l’ascension du super couloir du mont Blanc du Tacul par une température de – 28°C. Un rêve de tous grimpeurs.

Propos recueillis par Gaëtan LEFÈVRE

 Stephanie Maureau - SanteSportMagazine Feminin 10 - Credit Adidas

A 36 ans, Stéphanie MAUREAU a tout juste été intronisée cette année guide de haute montagne à Chamonix. Née à Aix-les-Bains, cette Chamoniarde est une enfant de montagnards… et de la montagne. À 9 ans, elle réalise son premier 3 000 mètres. Une expérience auquel elle a pris goût puisque deux ans après, elle gravit son premier 4 000 mètres. Avant de s’attaquer vingt-sept ans plus tard au super couloir du Mont Blanc du Tacul.

Vous venez de terminer l’ascension du super couloir du mont Blanc du Tacul, en compagnie de Maxime TIRVAUDEY. Comment cela s’est-il passé ?

Très bien ! Il s’agissait pour moi d’une sortie entre amis avec Maxime TIRVAUDEY. On a décidé l’ascension de ce couloir car il est extrêmement joli, direct et droit. Mais le plus important, notamment pour nous grimpeurs, est qu’il mixe roches et glaces, un accès en ski et une zone de rappel. Malgré tout cela, ce couloir est relativement aisé lorsque les conditions sont bonnes. Et la météo a été presque parfaite. Un peu froid, tout de même. Cette aventure a aussi été particulière car il s’agit aussi de ma dernière ascension avec Max puisqu’il s’est tué accidentellement lors d’une autre ascension quelques jours plus tard.

Et physiquement, comment avez-vous supporté cette ascension ?

Elle a été dure car il faisait très très froid, environ -28°C. Cette période, fin février, a été la seule que nous avions avec Max pour réaliser cette ascension, et elle regroupait les conditions météo idéales. Malheureusement, il s’agit de la période la plus froide de l’hiver.

Stephanie Maureau 2 - SanteSportMagazine Feminin 10 - Credit Adidas

Comment vous êtes-vous organisée pour affronter ce froid ?

Afin d’avoir un chaud, nous sommes partis avec un maximum de couches de vêtements. J’étais équipée d’une seconde peau manches longues, d’une polaire manches longues, d’un gilet doudoune sans manches, d’une doudoune manches longues (Adidas Terrex Ndosphere à découvrir dans la rubrique Actu Produits, page 18) et d’une veste Gore-Tex®. Je portais aussi un pantalon, une grosse paire de chaussettes, un bonnet sous le casque et une paire de gants. Je prends, d’ailleurs, toujours plusieurs paires de gants que je mets dans mes vêtements pour qu’ils restent au chaud. Et je change lorsque ceux que je porte sont trop humides. Le froid nous a contraints à ne pas prendre de pause. Il était impossible de s’arrêter sans se geler. Nous avons campé au pied du couloir dans des conditions extrêmes. Souhaitant tous les deux, Max et moi, profiter du lever de soleil, nous avons décidé de bivouaquer. Dès que nous sommes arrivés sur le lieu, nous avons enterré la tente et construit des murs de neige autour. J’ai mis une énorme doudoune supplémentaire sur moi. Puis nous avons mangé rapidement afin de nous mettre rapidement dans les duvets. Le réveil à 4h du matin a été difficile, mais le départ à 5h a été tellement magique ! Cela valait le coup. Ces moments sont durs mais tellement bons. D’ailleurs, ils nous poussent souvent à repartir.

Comment vous êtes-vous préparée, physiquement et techniquement, pour cette ascension ?

Je passe mon temps en montagne, à grimper. Je n’avais donc pas d’entraînement spécifique. Mon quotidien suffi sait. La spécificité a été dans la préparation du matériel, qui est différent à chaque ascension. Et sachant qu’il faisait froid, j’ai peut-être mangé un peu plus, un repas à base de pâtes la veille et un petit déjeuner copieux le matin. Lorsqu’il fait aussi froid, on ne peut pas s’arrêter, il faut prévoir. On emmagasine donc un maximum d’énergie avant. Pendant la marche, on a des barres riches en sucres et, personnellement, je suis aussi une fan de fruits secs qui sont notamment riches en graisse.

Stephanie Maureau 3 - SanteSportMagazine Feminin 10 - Credit Adidas

Il n’y a pas beaucoup de femmes guides de haute montagne. Pourquoi ?

Il y en a de plus en plus aujourd’hui. Nous sommes une vingtaine de guides et 5-6 aspirantes. Je pense que nous sommes peu nombreuses car il s’agit d’une activité difficile. Mais maintenant, de plus en plus de femmes souhaitent devenir guide, car il s’agit d’un métier fabuleux. Martine ROLLAND, première femme guide, nous a ouvert la voie. La situation française n’est pas différente de celle des autres pays. Nous sommes proportionnellement aussi nombreuses qu’en Suisse ou en Italie. Mais tout cela évolue. On trouve de plus en plus de femmes en montagne.

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