BENJAMIN MALATY – DU CROSS AU MARATHON

Champion de France de cross-country en 2012, Benjamin MALATY était spécialisé, en plus du cross, dans le 1 500 m et 5 000 m sur piste. Confronté à la réalité économique des athlètes, il a cherché une issue de secours en s’attaquant à la mythique distance de 42,195 km. Une mutation réussie puisque en 2013, il se classe 13e en 2 h 12 min du Marathon de Paris, terminant ainsi 1er français. Depuis, il continue à pratiquer sa passion, la course à pied.

Propos recueillis par Gaëtan LEFÈVRE

 Benjamin Malaty - SanteSportMagazine 29 - credit Laurent Briere Isostar

Benjamin MALATY est un coureur complet. Son expérience sur piste, en cross et sur bitume ,nous a intéressé. Il nous raconte son passage réussi du cross au marathon.

Vous avez été champion d’Europe de cross-country par équipe en 2011 puis champion de France de cross long en 2012. Il s’agit d’une discipline dont on parle peu. Pouvez-vous nous la décrire et nous dire ce qui vous plaît dans celle-ci ?

J’ai toujours pratiqué le cross. Je m’y exprime bien. Mes meilleures performances, avant d’arriver sur marathon, étaient en cross. J’aime aussi cette période de l’année. Et puis, il s’agit d’un effort différent. Il y a une ambiance, un décor et un sol irréguliers qui font que je m’y sens bien. Je pense avoir des facultés physiques pour bien m’y débrouiller. Tout cela en fait une épreuve que j’affectionne. Je pratique toujours le cross aujourd’hui. Il vient compléter ma préparation aux marathons, que je ne peux courir toute l’année. L’hiver, lorsqu’il y a moins de compétitions sur route, je garde toujours le cross en préparation. J’aime ce sport. Je viens du cross !

Quelles sont les différences entre un cross et un trail ?

Les distances en cross sont plus courtes qu’en trail. Certes, il existe des trails courts. Pour moi, le vrai trail commence à partir de 50 km. Le cross est de 10 ou 12­km. Il existe aussi le cross court pour les spécialistes de demi-fond court. Aujourd’hui, le trail s’est emparé de la course nature à la place du cross-country. Je pense que le cross est plus intimiste, plus pour des spécialistes de course à pied. Lorsque l’on a un niveau moindre, on prend moins de plaisir sur un cross. Les parcours en cross ne sont pas forcement exceptionnels. Ils possèdent toujours le même format. Là, le trail s’est démarqué. Mais pour moi, le cross reste une belle discipline. Je me dis toujours que le championnat de France de cross qui se déroule début mars est la course la plus dense. Dans un championnat de France de 10 km, il va y avoir beaucoup d’absents. On ne peut intégrer un championnat de France de marathon dans une préparation. Pour moi, le championnat de France de cross est la course qui réunit le plus beau plateau chaque année. Dans les cent premiers, on va retrouver des athlètes qui courent moins de trente et une minutes au 10 km. L’ambiance et l’effervescence sont différentes des autres courses. C’est le titre que je voulais gagner.

Vous disiez tout à l’heure que « vous étiez fait physiologiquement pour le cross ». Quelle est la physiologie pour un pratiquant de cross ?

Il faut avoir à la fois des capacités d’endurance, une foulée et un pied. Je pense qu’il faut avoir la foulée qui passe bien sur des terrains gras et irréguliers. Certaines personnes très fortes sur piste n’arrivent pas à mettre un pied devant l’autre en cross car les terrains sont accidentés. Le cross se rapproche aussi du marathon. C’est d’ailleurs pour cela que je me débrouille bien dans cette discipline. J’ai gagné le championnat de France de cross en préparant un marathon. Dix ou douze km en cross valent presque à un semi marathon en terme d’effort parce que le sol est irrégulier. Je me suis rendu compte que je courais à la même allure sur un marathon que sur un cross. Là où je cours à 20 km/h sur un semi, je cours à 18 km/h sur un cross, ce qui est mon allure de marathon.

Pourquoi êtes-vous passé au marathon ?

Avant le marathon, je pratiquais beaucoup de cross et du 1 500 et 5 000 m sur piste.  Malheureusement en termes de visibilité, ces disciplines n’offrent pas d’ouverture pour les partenaires. Durant l’été 2011, j’étais sur le point d’arrêter l’athlétisme car je ne pouvais pas en vivre. J’ai choisi de me lancer un défi : réussir en marathon. On dit toujours que l’on ne « monte » pas assez vite sur marathon. J’ai décidé de franchir le pas. La première année, à l’automne 2011, j’ai participé à un semi-marathon. Puis, je suis passé sur marathon au printemps 2012, avec succès puisque je cours en 2 h 13. Là, tout à changé ! Dans les six mois qui ont suivi, j’ai eu des opportunités en termes d’équipementier. Je me suis libéré et j’ai pu continuer ma passion.

Parmi les courses sur piste, sur route ou en cross, quelle est la plus traumatisante ?

Tout est traumatisant dans la course à pied du fait de son contact avec le sol. La piste est traumatisante mais l’entraînement est plus court que sur la route. On dit que sur de longues distances, les kilomètres font mal. On use les tendons, l’organisme, etc. Personnellement, j’aurais tendance à dire la course sur route. Même si l’on peut courir vite dessus et que c’est agréable, on sort traumatiser d’un marathon et le corps a besoin de souffler. Dans une préparation sur route, on imagine toujours que tout va bien et que le mal aux jambes fait partie du quotidien. De temps en temps, on ne sait même plus où est le seuil de douleur. Et lorsque ça casse, on se dit « J’avais mal depuis un moment ».

Benjamin Malaty - SanteSportMagazine 29 - credit Kalenji

Vous disiez dans une interview, suite à des douleurs au genou, que vous vous blessiez rarement. Comment vous préservez-vous ?

J’ai peut-être eu plus de chance que les autres. Cependant, j’ai toujours eu une bonne hygiène de vie. J’ai eu une bonne éducation alimentaire. Et je pense que l’alimentation sert à bien récupérer et à éviter certaines blessures. Qui dit hygiène de vie, dit meilleure récupération… et tout ce qui va avec. Après, il y a des blessures dues au manque de chance, celles liées aux chutes par exemple.

Quelles sont, justement, vos principales règles d’hygiène de vie ?

J’ai toujours fait attention à mon alimentation. Je mange peu à l’extérieur de chez moi, même si j’aime bien aller au resto de temps en temps. J’aime bien cuisiner et je sais ce dont mon corps a besoin. On recherche toujours la recette miracle. Mais il n’y en a pas ! Il n’y a pas de repas types. Il faut manger équilibré, tout au long de l’année. L’hydratation est souvent oubliée. Le mieux est de s’hydrater avec de l’eau, puis on peut compléter avec des boissons pour sportifs, type Isostar®. Il faut aussi faire attention à son sommeil. Lorsque l’on dort 5h par nuit il est impossible de se reconstruire musculairement.

Justement, vous êtes partenaire de la marque Isostar®. Pourquoi avoir choisi cette marque ?

Cette marque possède une gamme complète et de l’expérience. Elle a su répondre à l’attente des clients et se recycler avec l’arrivé de nouveaux concurrents. Elle innove. On travaille ensemble à l’élaboration de nouveaux produits. On retrouve certaines innovations ou certains goûts dont on avait parlé avec la marque. On met notre grain de sel à la recherche.

Votre travail avec les nutritionnistes de la marque s’arrête sur les produits, ou il se prolonge sur votre alimentation quotidienne ?

Sur la nutrition, je n’avais pas une grosse demande. J’étais déjà en contact avec un nutritionniste pour ma préparation au marathon. Isostar® m’a aidé à utiliser au mieux ces produits.

Vous êtes aussi partenaire de Kalenji®. Quelle est la raison de ce choix ?

Au même titre qu’Isostar®, les représentants de cette marque m’ont proposé un vrai projet d’équipe. On n’est pas livré à soi-même avec une dotation. Je communique régulièrement avec le staff. On participe au développement des produits en faisant des retours en tant que sportifs de haut niveau. Je suis convaincu que les regroupements avec les autres athlètes et le staff nous permettent d’être mieux dans nos têtes. On échange sur nos passions, nos expériences. Et cela me motive à fond.

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