JÉRÉMY STRAVIUS – NAGEUR DISCRET

Malgré un palmarès étonnant à seulement 24 ans, Jérémy STRAVIUS reste l’un des nageurs français les moins connus. Cela vient sûrement de sa personnalité discrète. Spécialiste des épreuves de dos qui lui valent le plus de titres, il participe aussi aux compétitions de nage libre et de papillon.

PAR GAËTAN LEFEVRE

 Jeremy Stravius - SanteSportMagazine 29 - credit Jordi Saragossa

Il est impossible en quelques lignes de citer tous les titres et médailles de Jérémy STRAVIUS. Citons juste qu’il fait partie, avec Laure MANAUDOU et Camille LACOURT, du cercle fermé des triples médaillés d’or français en championnat du monde de natation.

La France est une nation forte en natation. Et pas uniquement grâce à un ou deux athlètes. Pourquoi pensez-vous qu’il y a autant de bons athlètes français en natation ?

L’équipe de France a bien été lancée par des stars telles que Laure MANAUDOU ou Alain BERNARD. On s’est alors rendu compte que l’on pouvait être compétitif au niveau mondial si l’on s’en donnait les moyens. On a été poussés par eux. Maintenant, l’équipe de France est soudée et sans leader.

Pouvez-vous nous décrire votre programme d’entraînement ?

Pour une journée type, je me lève à 6h pour être au bord des bassins à 6h45. Je fais un échauffement à sec pendant un quart d’heure avant d’entrer dans l’eau. Ensuite, j’enchaîne deux heures d’entraînement. Le midi, j’ai un peu de repos puis je réattaque l’après-midi par une heure ou une heure trente de musculation. Puis de 17h à 19h, je retourne dans l’eau pour l’entrainement de fin de journée. Voila mon rythme du lundi au samedi. Je vous laisse faire le calcul du nombre d’heures. Je dois parcourir en moyenne 6 à 7 km par journée d’entraînement.

S’entraîne-t-on différemment pour les championnats de monde en petit bassin qu’en grand bassin ?

Légèrement car la saison est coupée en deux. La première partie se fait en petit bassin puis l’on attaque le grand bassin en juillet et août. On travaille alors un peu plus la vitesse et la technique de nage.

Lors de vos entraînements, insistez-vous plus sur une nage qu’une autre ?

Oui ! J’insiste évidemment sur le dos car c’est l’épreuve qui me réussit le plus. Ensuite, je suis polyvalent donc je dois aussi m’entraîner dans les autres nages. Mais j’aborde le crawl et le papillon avec moins de pression car je n’ai rien à prouver.

Jeremy Stravius 2 - SanteSportMagazine 29 - credit Jordi Saragossa

Une partie des vos entraînements se fait-elle hors des bassins ?

Oui ! Après les vacances, à la reprise, je pratique un peu de bike and run pour me remettre en forme. Je fais cela pendant deux ou trois semaines. J’ai aussi une séance de boxe, une fois par semaine, le mercredi, toute l’année. Cet entraînement me permet de travailler la coordination, l’explosivité, etc. On s’est rendus compte, avec mon entraîneur, qu’il y avait un lien entre la boxe et la natation. C’est d’ailleurs compliqué après une séance de boxe de retourner dans l’eau. Enfin, j’ai une séance de musculation par jour. Un préparateur physique établit mon programme. Il définit les séances selon les périodes. On utilise surtout un matériel de musculation spécifique aux gestes des nageurs.

Le mental est-il un domaine que vous travaillez ?

Je n’ai pas de préparateur mental. Chaque personne a sa propre manière de se préparer mentalement. Pour moi, c’est uniquement lors de compétitions. Je me prépare tout seul. Une heure avant, j’écoute de la musique pour me détendre. Puis, 10 minutes avant d’entrer sur le bassin, alors que l’on est déjà en maillot de bain et avec les lunettes, je visualise mentalement ma course et mes gestes.

Vous avez eu peu de blessures durant votre carrière…

La natation n’est pas un sport de contact. Nous nous blessons donc rarement. Je fais toutefois attention et insiste sur la prévention car il y a de nombreuses douleurs d’épaules chez les nageurs dues à des courbatures ou des tendinites. Pour cela, je suis suivi par un kinésithérapeute et un ostéopathe.

Comment gérez-vous cette prévention des blessures ?

Tout d’abord, on nous demande de faire très attention lorsque l’on est en dehors des bassins. Je me suis fait, il y a quelque temps, une déchirure au quadriceps en skiant. Depuis, sur conseil de mon entraîneur, je dois éviter le ski pendant les vacances.

Certaines nages sont-elles plus traumatisantes pour le corps que d’autres ?

Non ! La nage sur dos est assez compliquée car il y a plus de coulées. Il s’agit d’un mouvement exécuté à chaque virage où le nageur est en apnée sous l’eau, pendant une dizaine de secondes. Ce mouvement est difficile. La nage papillon est aussi un geste qui demande beaucoup de force et de relâchement. Elle est très technique.

Faites-vous attention à votre alimentation ?

Jusque-là, non. Je fais un peu attention avant les compétitions mais rarement en dehors. Je sais que ce domaine est important. Je vais essayer de faire des efforts là-dessus pour progresser. Je suis en relation avec un nutritionniste de la marque Overstim’s® afin de comprendre comment le corps fonctionne. C’est une approche qui m’intéresse.

Pourquoi travaillez-vous avec la marque Overstim’s® ?

Lorsque l’on s’investit beaucoup à l’entraînement et que l’on est au plus haut niveau, il arrive un moment où l’on va chercher la performance ailleurs. La nutrition est un facteur important. Je pense que le travail avec Overstim’s® peut m’aider dans ma performance.

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