HANDICAP ET TRIATHLON

En parallèle du triathlon, le paratriathlon connaît aussi une période faste. L’apparition de cette discipline aux jeux Paralympiques de Rio 2016 va grandement favoriser à son développement. Une organisation complexe pour un sport accessible.

PAR CLAUDE MARBLE, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION NATIONALE MÉDICALE.

Le paratriathlon est une discipline nouvelle dans le sens où, pour la première fois, elle va apparaître aux jeux Paralympiques de Rio 2016. C’est un enjeu majeur pour la Fédération d’organiser au niveau national son développement. La particularité majeure est que cette discipline regroupe des athlètes présentant des déficiences physiques très variées rendant difficile la prise en charge médicale mais aussi le regroupement en catégories pour homogénéiser les niveaux. On y trouve des sportifs avec un handicap léger ou sévère des membres supérieurs ou inférieurs dû à une amputation, une agénésie, une hypogénésie ou une paralysie, des patients avec atteintes neurologiques diverses tels que deficit moteur cérébral, sclérose en plaque, tétraplégie, AVC… Bien d’autres handicaps existent comme les atteintes musculaires pures telles que la myopathie ou bien encore des athlètes avec déficience visuelle.

Cette hétérogénéité des atteintes rend également indispensable mais difficile la classification en catégories définies par l’ITU. Sept catégories ont été mises en place : de TRI 1 à TRI 6 pour les déficients visuels (TRI 6A : déficient visuel total et TRI 6 B déficient visuel partiel). Chaque sportif doit être « classifié » avant une compétition afin de savoir dans quelle catégorie il va concourir. Une difficulté supplémentaire réside dans les handicaps évolutifs comme la sclérose en plaque par exemple. Un athlète peut donc changer de catégorie d’une année à l’autre en fonction de l’évolution de sa pathologie.

DE MULTIPLES PRISES EN CHARGE

L’hétérogénéité des atteintes rend aussi délicate la prise en charge médicale. Quelques exemples peuvent être donnés comme la problématique de l’appareillage. Les patients amputés doivent ainsi travailler avec l’équipe médicale et les appareilleurs tel que le ferait un pilote de formule 1 avec ses ingénieurs. La prothèse la plus adaptée, la plus confortable, doit être validée pour apporter le maximum de confort avec le maximum de performance. Il en va de même pour le choix du vélo avec pédales spéciales, ou du tandem pour les malvoyants. Autre problème médical majeur, celui de l’épilepsie, notamment pour les sportifs présentant des atteintes du système nerveux central. Il faut être très attentif à la bonne prise des traitements anti-épileptiques, tant une crise pourrait être fatale au cours de l’épreuve de natation. Il est ainsi du ressort du médecin de récuser un athlète pour une épreuve s’il lui semble qu’un risque existe.

UNE DISCIPLINE ACCESSIBLE

Au niveau du grand public, le triathlon revêt une image erronée de sport inaccessible, notamment pour des personnes présentant des incapacités. Pour autant, il peut être un véritable outil de réadaptation à l’effort en proposant trois activités complémentaires à charges progressives : la natation, le cyclisme et la course à pied. Le paratriathlon peut être pratiqué sur différentes distances et différentes modalités, que ce soit en individuel, en relais handi, ou en relais mixte handi-valide, offrant ainsi la possibilité d’une entrée progressive dans la discipline. Cette dernière peut être un véritable outil d’intégration sociale. La prise en charge est multidisciplinaire car associant médecine physique, éducateurs sportifs, kinésithérapeutes et appareilleurs. L’image véhiculée par le haut niveau participe au développement de cette discipline comme outil de réadaptation à l’effort pour les personnes en situation de handicap. Après les médailles obtenues aux derniers Championnats du monde, l’objectif affiché de médailles paralympiques à Rio fait du développement et de l’accessibilité du paratriathlon les enjeux majeurs des prochaines années.

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