LA VALLÉE DU TRAIL

La vallée de Chamonix mont Blanc se transforme en Vallée du Trail. Le label déposé au printemps 2012 met en avant une destination privilégiée pour les adeptes de la course en montagne.

PAR GAËTAN LEFÈVRE

 La vallee du trail - SanteSportMagazine 30 - credit JEAN-MICHEL FAURE-VINCENT- MONICA DALMASSO

La vallée de Chamonix est devenue depuis quelques années le terrain de jeux des traileurs. L’été, les vitrines des boutiques en sont l’illustration la plus flagrante. Les crampons et piolets ont été rangés au profit des caleçons (leggings) et biberons (Camel bag®) comme disent les Chamoniards. Ces derniers s’équipent de chaussures de trail. Et plusieurs grands événements réunissent tous les ans les plus grands traileurs. Fin juin, les traileurs du monde entier se réunissaient à Chamonix pour participer au Marathon du mont Blanc, une course de 42­km, au KM­ Vertical ou aux autres distances : le 80 km, le Cross ou le 10 km du mont Blanc. Quelques semaines plus tard, le dernier week-end d’août, la vallée s’habille aux couleurs de la marque The North Face® pour la célèbre course, l’Ultra Trail du Mont-Blanc®. Enfin, une 3e grande course complète ce podium, le Trail des Aiguilles Rouges fin septembre. Chamonix est-elle devenue La Mecque du trail ? S’il existe sûrement autant de religions que de montagnes, on y trouve, toutefois, un terrain de jeux extraordinaire dont les communes du mont Blanc profitent.

LE TRAIL POUR TOUS

Afin de développer l’attraction touristique, la Communauté de Communes de la vallée de Chamonix mont Blanc s’est lancée, en 2012, dans le projet de développer le trail pour tous en améliorant les infrastructures et proposant des services annexes. Pour réaliser ce projet, est né la marque « La Vallée du Trail ». Parcours de course, écoles de trail, stages de perfectionnement…, les touristes peuvent maintenant découvrir la vallée et le mont Blanc à travers une nouvelle pratique, le trail.

L’APPRENTISSAGE

La course à pied est-elle innée ? Est-il naturel de courir ? De plus en plus de pratiquants, journalistes et écrivains se posent la question. Cependant, si nous naissons avec la capacité de courir, pour acquérir une bonne pratique, le problème est différent. La position du corps, la foulée, l’allure… demandent de la pratique. Le trail exige en plus la capacité à gérer son alimentation, à lire le terrain, à suivre les balises mais aussi à s’adapter à l’environnement, ce dernier point n’étant pas à délaisser en montagne. De nombreux excellents coureurs ne sont pas montagnards et explosent dans les courses en altitude. Cette pratique, comme pour d’autres sports, requiert un apprentissage pas toujours acquis par les pratiquants. Face à ce problème, l’UCPA « Vallée de Chamonix » crée une « école de trail » ouverte à tous. Différentes des actuels stages en pension complète proposés, des formules sont maintenant ouvertes à tous sans hébergement ou restauration. Ses nombreux entraînements vous aideront à vous perfectionner, de la découverte du trail aux reconnaissances des grandes courses. Ils sont encadrés par des accompagnateurs en moyenne montagne diplômés ou en formation spécialisée en trail.

La vallee du trail 2 - SanteSportMagazine 30 - credit JEAN-MICHEL FAURE-VINCENT- MONICA DALMASSO

CHACUN SON CHEMIN

Le trail exige une connaissance du terrain et la capacité de lire son parcours sur une carte. La pratique est essentielle à cet apprentissage. Mais tracer son parcours sur une carte topographique peut prendre du temps, demander une expérience non acquise ou tout simplement ne pas intéresser le coureur. Il n’y a pas de mal à vouloir simplement chausser les runnings et partir courir en montagne, en n’oubliant pas toutefois son équipement de sécurité (voir ci-dessous). La Vallée du Trail propose, aujourd’hui, 18­parcours de différents niveaux sur son site : www.valleedutrail.com. Balisés par les panneaux de randonnée, ces parcours, allant de 6,5 à plus de 50 km, partent toujours d’un lieu de transport commun comme la gare de Chamonix mont Blanc ou celle des Houches. Chacun des parcours possède son descriptif sur le site de la marque et sur tracedetrail.fr. Vous y trouverez la distance, le dénivelé, la carte, le point de départ et les panneaux de signalisation à suivre. Nous conseillons fortement aux coureurs d’emporter ce tracé sous forme papier mais aussi sur son téléphone. Multiplier les médias permet de s’assurer une meilleure sécurité afin d’éviter de se perdre en montagne. Comme sur les grandes courses, pensez à prendre une réserve d’eau, un téléphone portable en état de marche, une couverture de survie, un sifflet (car il n’est pas toujours facile, même pour les sauveteurs en montagne, de trouver quelqu’un), une veste imperméable et un pantalon, si possible, car la météo change très vite en altitude ainsi qu’une casquette ou un bandana pour se protéger du soleil. D’autres équipements secondaires peuvent aussi s’avérer utile : une réserve alimentaire comme des barres ou gels en cas de coup de fatigue ainsi qu’une lampe de poche ou frontale au cas où l’on se soit perdu et que l’on ne soit par rentré avant la tombée de la nuit. S’alléger à tout prix n’est pas forcément plus rentable, que ce soit dans l’effort ou dans la performance. N’oubliez pas que sur des parcours en montagne, vous partez en autonomie complète même si certaines fois vous trouverez une buvette ou un gîte sur le chemin.

LES DERNIERS PRÉPARATIFS

Cette autonomie exige une attention plus particulière de votre part aux conditions. Tout d’abord, il est essentiel de regarder la météo avant de partir. En montagne, le risque est grand. Vous trouverez toutes les informations sur le site de la Vallée du Trail. Analysez bien le parcours. Êtes-vous capable définir ce parcours ? Serez-vous rentré avant la tombée de la nuit ? Votre niveau vous perme-t-il de gérer autant de dénivelé, etc. En montagne, une course n’est pas finie tant que l’on n’est pas rentré. Ne vous fiez pas uniquement au kilométrage et au temps que vous pensez mettre. Beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu. Avant de partir, n’oubliez pas de dire à une personne où vous allez, quel parcours vous comptez prendre et le temps que vous pensez mettre. En cas de petites blessures type entorse vous empêchant de rentrer, il suffit d’appeler les secours au 18 ou 112. Les secours en montagne sont très professionnels et compétents à l’échelle des dangers de la montagne. Alors pas de panique, vous n’êtes pas un cas isolé et même si cet environnement peut sembler dangereux, des professionnels sont habitués à intervenir.

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