L’IMPORTANCE DU DÉPISTAGE DU CANCER DU SEIN

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. En 2012, près de 49 0001 femmes ont déclaré un cancer du sein. Le dépistage du cancer du sein est un geste de prévention facile et précieux : lorsqu’il est détecté tôt, le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 102.

Par Florence Broué – dossier réalisé par la fondation arc pour la recherche sur le cancer.

 Depistage du cancer du sein

QUAND ET COMMENT FAIRE UN DÉPISTAGE DU CANCER DU SEIN ?

Au cours de sa vie, une femme sur huit développera un cancer du sein2. C’est entre 50 et 74 ans que les femmes présentent le plus de risques3. Depuis 20044, le programme de prévention national propose un dépistage gratuit du cancer du sein par mammographie aux femmes âgées de 50 à 74 ans, tous les deux ans. Un courrier, contenant un bon de prise en charge, est envoyé au domicile de chaque femme concernée avec une liste des radiologues agréés3. Entre deux mammographies, il est important de continuer la prévention. Le gynécologue assure cette surveillance en vérifiant grâce à la palpation des seins qu’aucune grosseur suspecte n’est présente dans la glande mammaire3.

QUELS SONT LES PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE ?

Les principaux facteurs de risque du cancer du sein sont les suivants4 :

  • l’âge : deux tiers des cancers du sein surviennent après 50 ans ;
  •  les antécédents familiaux : 5 à 10 % des cancers du sein seraient liés à une prédisposition génétique ;
  • les antécédents personnels médicaux : avoir eu un cancer du sein multiplie par 4 à 5 le risque d’avoir un deuxième cancer du sein ;
  • le mode de vie : le surpoids, l’obésité, le tabac et l’alcool augmentent le risque de cancer du sein2,4.

QUELS TRAITEMENTS CONTRE LE CANCER DU SEIN ?

Le traitement du cancer du sein dépend de la nature, de la localisation et du stade de la maladie. Grâce à la recherche, les médecins disposent aujourd’hui de nombreuses solutions thérapeutiques5 pouvant être utilisées seules ou en association. La chirurgie, qui vise à retirer la tumeur et à préserver autant que possible l’intégrité du sein, est le traitement de référence de la plupart des cancers du sein. Selon les situations, elle pourra être accompagnée de séances de radiothérapie pour détruire les cellules cancéreuses, d’un traitement par chimiothérapie et/ou par hormonothérapie visant notamment à réduire le risque de récidive en empêchant les cellules cancéreuses de recevoir les hormones nécessaires à leur développement. Au cours de ces dernières années, les chercheurs ont mis au point de nouveaux médicaments capables de cibler spécifiquement les cellules cancéreuses au sein de l’organisme : on parle de « thérapies ciblées ».

Pour en savoir plus sur les cancers du sein, consultez ou commandez gratuitement la brochure de la Fondation ARC sur www.fondation-arc.org (rubrique Publications).

Références :

1) Épidémiologie du cancer du sein en France métropolitaine, incidence et mortalité, INCa (Institut national du cancer), 2014
2) Qu’est-ce que le cancer du sein ? Dossier Cancer du sein, ameli.fr, 2014
3) Le dépistage du cancer du sein, ameli.fr, 2011
4) Dépliant « Cancer du sein, On est toutes concernées, Elles s’engagent ! », Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, 2012
5) Les différents traitements du cancer du sein, Dossier Cancer du sein, ameli.fr, 2013
6) Activité physique et cancers, prévention, Fiches repère, INCa (Institut national du cancer), 2012
7) Schmid et al. Association between physical activity and mortality among breast cancer and colorectal cancer survivors : a systematic review and meta-analysis. Annals of Oncology. 2014.
8) Ibrahim et al. Physical activity and survival after breast cancer diagnosis : meta-analysis of published studies. Med Oncol. 2011;28:753-65.

___________________________

PENSEZ AU SPORT !

Il a été scientifiquement prouvé que pratiquer une activité physique régulière réduit d’environ 20 % le risque de développer un cancer du sein6. Après le diagnostic d’un cancer du sein, démarrer une activité physique améliore la guérison : l’activité physique diminue significativement le risque de décès et de récidive, respectivement de 28,7 et 24 %8.

_________________________________________________________

SURVEILLANCE PAR AUTOPALPATION
DU SEIN4 :

Allez voir votre médecin si vous avez un ou plusieurs des symptômes ci-dessous :

– une grosseur avec ou sans douleur dans le sein ;

– des gonflements anormaux d’une partie du sein ;

– une douleur localisée dans le sein ;

– un écoulement mammaire anormal ;

– une rétraction du mamelon ;

– des rougeurs ou des œdèmes.

______________________________________________________________

RENCONTRE AVEC LE DOCTEUR SUZETTE DELALOGE

Oncologue à Gustave-Roussy à Villejuif

Pourquoi faire une mammographie ?

Le premier but du dépistage systématique par mammographie est de diminuer le risque de mourir d’un cancer du sein. Les études scientifiques ont très clairement montré que faire une mammographie à partir de 50 ans et tous les deux ans diminue la mortalité par cancer du sein de l’ordre de 20 à 25 %. Le dépistage par mammographie permet ainsi d’éviter 1 décès sur 5 lié à un cancer du sein. D’autres bénéfices sous-jacents existent. Dans beaucoup de cas, le dépistage précoce d’un cancer du sein permet de réduire l’agressivité et la durée du traitement anticancéreux et éventuellement d’éviter l’ablation du sein.

Quels sont les risques liés à la mammographie ?

Il existe deux risques majeurs liés à la mammographie.

  • Le surdiagnostic : le dépistage identifie des cancers qui n’auraient jamais évolué et ne seraient jamais devenus dangereux s’ils avaient été laissés en place, autrement dit la patiente aurait pu vivre avec et ne pas subir de chirurgie. On estime qu’environ 10 % des cancers dépistés sont dans cette catégorie mais on ne sait pas reconnaître les cancers qui vont évoluer de ceux qui ne vont pas se développer.
  • Les faux positifs : une image considérée suspecte a été détectée par la mammographie et nécessite une confirmation par biopsie. Cependant, dans certains cas, la lésion s’avère au final bénigne. La femme a donc été inquiétée pour rien. Aujourd’hui, les biopsies sont des gestes assez légers et l’imagerie tend à s’améliorer pour réduire ce risque de faux positifs, mais des progrès importants sont encore à faire dans ce domaine.

Peut-on réduire le nombre de cancers surdiagnostiqués ?

Nous ne savons pas, hélas, identifier ces cancers à faible potentiel évolutif et les distinguer des autres. Nous espérons pouvoir le faire dans les années qui viennent. Des études dans ce sens sont en cours.

Quelles sont les nouveautés 2014 en termes de dépistage du cancer du sein ?

En 2014, la Haute Autorité de santé a fait évoluer les méthodes de dépistage du cancer du sein chez les femmes présentant un risque élevé de développer un cancer du sein (femmes ayant une histoire familiale majeure, ayant déjà eu un cancer du sein ou des lésions précancéreuses, ou bien ayant reçu une radiothérapie sur le thorax). Le dépistage devient ajusté à leur profil médical.

Quel est l’avenir du dépistage du cancer du sein ?

Dans l’immédiat, le dépistage généralisé, mammographique et clinique est un standard. Dans une dizaine d’années, le dépistage du cancer du sein devrait être personnalisé et, que ce soit à l’aide de données de génétique ou de l’histoire médicale, le dépistage devrait être encore plus adapté au risque spécifique de chaque femme. L’un des enjeux est notamment de réussir à identifier les populations à haut risque de cancer afin de leur proposer une prévention personnalisée. Des tests sanguins devraient voir le jour pour contribuer à ce dépistage plus ciblé. De nombreuses études sont en cours dans cette optique.

_______________________________________

TRIATHLON DES ROSES

200 femmes mobilisées pour le dépistage du cancer du sein

À l’occasion d’Octobre Rose, consacré au dépistage du cancer du sein, la Fondation ARC organise un événement sportif et solidaire : le Triathlon des Roses. 200 femmes seront réunies dans le but de promouvoir la prévention, le dépistage et la recherche sur le cancer du sein. Le samedi 4 octobre 2014, natation, vélo et course à pied seront au programme de ces femmes courageuses qui réaliseront pour beaucoup d’entre elles un exploit sportif inédit. Deux distances sont proposées aux participantes. Des distances accessibles que les femmes pourront réaliser en individuel ou en relais.

Cet événement exceptionnel, qui se déroulera sur le magnifique site de la Faisanderie, au coeur du Domaine national de Saint-Cloud, permettra également de collecter des fonds au profit d’un projet de recherche sur le cancer du sein soutenu par la Fondation ARC. De nombreuses personnalités sont engagées dans la promotion de l’événement : Salma HAYEK, Virginie GUILHAUME, Isabelle GIORDANO, Julia VIGNALI, Valérie PAYET, Michèle LAROQUE, Elsa ZYLBERSTEIN… Certaines d’entre elles participeront d’ailleurs au Triathlon des Roses.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.triathlondesroses.fr

Comments are closed.