Un strapping détendu est efficace

Sullivan a 32 ans. Il joue au tennis. Voilà six semaines que je le suis pour une belle entorse de cheville. Il a fait une rééducation assidue. Depuis environ dix jours, il court dans l’axe et il a validé les déplacements latéraux avec son kiné. J’examine son articulation, l’évolution est très satisfaisante.

Sullivan : Docteur, alors, c’est bon ? Je peux reprendre le tennis ?

Le doc : Oui ! Allez-y progressivement ! Échangez d’abord des balles faciles avec un « adversaire » sympa qui vous fera réviser vos gammes.

Sullivan : Et je peux demander à mon kiné qu’il me fasse un bandage élastique, un strapping, avant les entraînements ?

Le doc : Oui, si vous voulez mais il faut que vous sachiez deux choses. Même bien faits, les strappings se détendent rapidement lors d’activités sportives incluant des déplacements latéraux. Les études mettent en évidence que la cheville retrouve sa mobilité après vingt minutes de séance. Mais la seconde information est une bonne nouvelle ! Les strappings relâchés restent très utiles. En effet, quand la cheville se mobilise sur les côtés, les bandes collantes continuent à tirer sur la peau. Elles informent le cerveau de la position articulaire et provoquent, si nécessaire, une contraction musculaire stabilisatrice. On parle de sensations « extéroceptives », c’est-à-dire venant de l’extérieur de l’articulation. On l’oppose à la perception de « proprioception » qui vient de votre « propre » cheville. et que vous sollicitez lors des exercices d’équilibre réalisés chez votre kiné.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

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