SAMANTHA DAVIES, LA SKIPPEUSE ANGLO-BRETONNE

Quelques jours avant le coup d’envoi de la Volvo Ocean Race, Samantha DAVIES, capitaine de  l’équipe SCA, 100 % féminine, ne cache plus son impatience de prendre la mer. Expérimentée dans les courses en solitaire, la skippeuse britannique a notamment terminé 4e du Vendée Globe 2008. SantéSportMagazine lui a posé quelques questions avant qu’elle prenne la mer pour neuf mois.

Propos recueillis par Gaëtan LEFÈVRE.

 Samantha Davies - SanteSportMagazine 32

Grande amatrice de la culture française, et notamment du fromage, Samantha DAVIES vit en Bretagne avec son compagnon et son fils. Considérée comme la plus Française des Anglaises, elle féminise la voile et guidera logiquement la team SCA durant la Volvo Ocean Race de 2014.

Quelques jours avant le départ, comment vous sentez-vous ?

Vraiment excitée !

Vos adversaires ont des équipages très expérimentés. Pensez-vous pouvoir gagner ?

Oui ! Nous savons qui nous sommes et ce que nous sommes venus faire. Nous avons une vision réaliste des choses. Nous avons une bonne équipe et un staff expérimenté. C’est un rêve à réaliser.

Quel est l’élément le plus importante à bord ?

Il s’agit d’une des courses les plus longues au monde. Et l’on remarque que, généralement, les équipages qui gagnent, sont les plus soudés.

Vous êtes habituée à des courses en solitaire. Y a-t-il une grosse différence dans la préparation physique et dans les efforts demandés pour ce type de course en équipe ?

Sur les courses en solitaire, on profite de l’aspect sportif. Il faut être fier de soi. On travaille sans arrêt. Mais, une seule personne réalise toutes les tâches. Pour la Volvo Ocean Race, avec l’équipe, il s’agit plus de coordination et synchronisation. Il faut réagir vite, s’adapter, pouvoir rapidement changer de tâche sur le bateau. Il faut savoir travailler en équipe. L’aspect « force » est aussi très important. De nombreux efforts physiques sont requis sur le bateau. La préparation physique a donc été intense pendant presque deux ans. Tous les matins, 6 jours sur 7, le préparateur physique nous concoctait une séance d’au minimum une heure. On enchaînait des exercices de musculation et du travail cardio-vasculaire. Pour moi, une des grosses différences sur cette course est mon rôle de capitaine. De solitaire, je passe à skipper en chef. Je dois être capable de réaliser toutes les tâches à bord, d’apprendre toutes les manœuvres qu’il va falloir exécuter. Mais chaque fille aura des responsabilités à bord du bateau. Ensemble, on a beaucoup travaillé. On est aussi entouré d’une équipe qui s’occupe de notre préparation physique, une autre de la logistique, etc.

Avez-vous une recette pour garder l’esprit d’équipe pendant ces neuf mois ?

Pas vraiment. Je fais attention à la communication, à ce que chacune comprenne ce qu’il se passe, ce qu’il faut faire dans chaque situation. Expliquer la météorologie, les prises de décision, etc. Après il s’agit de pratiquer… beaucoup pratiquer.

Samantha Davies 2 - SanteSportMagazine 32

Vous avez un sponsor féminin, la marque suédoise SCA, qui fabrique et distribue des produits féminins, d’hygiène personnelle… Comment se passent justement, à bord d’un petit bateau, en équipe, l’hygiène et la toilette ?

Effectivement, la vie à bord n’est pas le grand luxe. L’environnement est petit pour une équipe de douze filles. Notre sponsor SCA qui fabrique des produits d’hygiène est une chance. Les lingettes-gants, par exemple, sont très pratiques pour se nettoyer à bord du bateau. Pour moi, c’est ce qu’il y a de mieux et de plus fonctionnel pour faire sa toilette. Sinon, il arrive qu’il pleuve beaucoup, ce qui est pratique pour se shampouiner. Lors d’une séance d’entraînement, le temps était tellement mauvais que toutes les filles ont profité d’une bonne averse pour sortir le shampoing et se laver sur le pont (rire). Il ne s’agit pas uniquement de la toilette. Il faut se méfier des éléments. Le vent et le sel de la mer sont agressifs pour la peau et les cheveux. De petits problèmes de peau à bord d’un bateau et sans assistance, peuvent vite devenir de gros problèmes. Il est donc important de rester propre et de prendre soin de soi. Évidemment, pour des questions de poids, nous avons le minimum à bord. Nous ne pouvons pas partir avec nos produits de beauté. Ce sont donc les produits d’hygiène et de protection qui sont privilégiés comme la crème solaire.

Pensez-vous que Ruben, votre fils, suivra les traces de ses parents ?

Effectivement, mon ami est aussi un navigateur. Pour le moment, il a mis sa carrière en pause afin que je puisse réaliser ce projet qu’est la Volvo Ocean Race et pouvoir s’occuper de notre petit garçon. On est trois filles dans l’équipage à avoir des enfants. Ce n’est pas toujours facile, mais j’espère que Ruben sera fier de ses parents. À propos de votre question, il aime les bateaux mais il est encore trop jeune. Il monte cependant à bord des bateaux pour s’habituer à la mer et à ses mouvements.

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