UNE ÉQUIPE FÉMININE DANS LA VOLVO OCEAN RACE

Le 11 octobre 2014, à Alicante en Espagne, le coup d’envoi de la 12e édition de la Volvo Ocean Race a été donné. Un tour du monde qui devrait se terminer au mois de juin 2015 en Suède. L’équipe SCA est 100 % féminine. Préparation physique et suivi médical sont incontournables.

Par Gaëtan LEFÈVRE.

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Sept équipages à bord de bateaux Volvo Ocean 65, un monotype, embarquent pour un tour du monde de neuf mois. Environ 40 000 miles (65 000 km) seront parcouru entre Alicante en Espagne et Göteborg en Suède en passant par Cape Town en Afrique du Sud, Abu Dhabi dans les Émirats arabes unis, Auckland en Nouvelle-Zélande ou encore Itajai au Brésil et Newport aux États-Unis. La Volvo Ocean Race est une aventure sportive qui se déroule tous les trois ans, traversant quatre océans et, avec des escales sur les cinq continents.

UN ÉQUIPAGE 100 % FÉMININ

La Volvo Ocean Race, créée en 1973 et alors appelée Whitbread Round the World Race, est une course particulière puisque le premier bateau ayant fini son tour du monde et arrivé à Göteborg ne sera pas forcément sacré. Le gagnant de cette course sera désigné selon un système de comptage de points complexe. Lors de chacune des neuf étapes de la course, un classement est réalisé et un nombre de points attribués. Mais au sein de ces escales, des In-Port, courses d’environ une heure à départ et arrivée au même port, sont organisés et permettent de gagner des points supplémentaires. Une course qui donne encore plus raison à la tortue sur le lièvre.

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Sur les mers, un bateau rose et bleu se distingue de ses concurrents. À bord, une équipe 100 % féminine emmenée par la célèbre skippeuse britannique Samantha DAVIES. Un bateau à l’effigie de la marque SCA®. Le groupe sponsor de cette équipe est le leader mondial de l’hygiène et des produits de la forêt. Il développe et fabrique des produits d’hygiène personnelle et d’essuyage en papier. Si cette société ne vous dit rien, vous connaissez les marques qu’elle possède et au nom desquelles elle distribue ses produits : Tena®, Lotus®, Demak Up®, Nana®, Okay®, Tork® etc. SCA est aussi le premier propriétaire forestier privé d’Europe grâce auquel il fabrique des produits tels que des papiers d’impression ou des cartons d’emballage. Cette année, la société quitte la forêt pour prendre le large en pleine mer et participer à la grande course qu’est la Volvo Ocean Race. Un défi sportif pour la société mais aussi un challenge de communication de grande ampleur pour une marque en recherche de notoriété. Et elle se distingue immédiatement par son équipage Girls Power. Afin de rendre hommage à la femme, qui représente 80 % de sa clientèle, le groupe SCA a monté une équipe de onze navigatrices (différente des équipages masculins qui comprennent huit marins). Une entorse à la règle acceptée par l’organisation due à l’exigence physique requise par cette course.

DE LONGS MOIS DE PRÉPARATION

Déplacer les voiles sur le bateau, mâter, tourner le winch, grimper au mât, tenir la barre, démâter, etc, les tâches physiques sont très nombreuses à bord du bateau. Et onze filles ne seront pas de trop pour accomplir ces efforts. Cette difficulté, on la comprend lorsque l’on croise certains hommes des autres équipages aux gabarits de rugbymen et que l’on s’essaie à la tâche. Mouliner avec le winch est un effort intense d’environ une minute à répéter régulièrement qui nécessite une bonne endurance cardio-vasculaire mais aussi une bonne force physique. Et entre deux répétitions, pas le temps de se reposer, une autre tâche sur le bateau est à exécuter. Le docteur Stéphane CASCUA avait présenté ce rythme effréné dans l’article Voile : marathoniens et haltérophiles s’affrontent en pleine mer (à lire sur www. santesportmagazine.com). « De gros pics de puissance cardiaque et de force musculaire à des moments cruciaux : changement de cap, modification des surfaces de la voilure ! Enfin, c’est un boulot d’équilibriste sur sol instable, glissant et vibrant, 24 heures par jour… et surtout la nuit ! » Un rythme à tenir durant neuf mois sur la Volvo Ocean Race. La polyvalence des filles à bord est donc importante. La navigatrice Élodie METTRAUX atteste, « il serait trop dur de barrer pendant quatre heures d’affilée. » Le recrutement des équipages n’est donc pas laissé au hasard. Les trois entraîneurs de la team SCA, Brad JACKSON, Aksel MAGDHAL et Joca SIGNORINI ont dû recruter des filles pouvant soutenir de tels efforts pendant plusieurs heures, sans oublier bien sûr des capacités de navigation et un bon état d’esprit, un des points clés de la réussite dans ce type d’aventure. Pour soutenir ce rythme et former une équipe soudée et compétitive, la team SCA s’est préparée pendant plus d’un an sur les îles Canaries. Durant cette période, six matins sur sept, les filles avaient rendez-vous avec Stephano CASANOVA, leur coach sportif, pour un programme de musculation et travail cardio-vasculaire. « Certaines filles découvraient même la PPG (préparation physique générale). Avec le personnel, on a vu le corps des filles changer. » L’équipage féminin de la team SCA sait ce qui l’attend. Elles ont moins d’expérience que les autres équipes qui ont déjà, pour la plupart, participé à des éditions de la Volvo Ocean Race. Elles sont aussi réalistes sur le fait d’être moins fortes physiquement. Et pour compenser, elles essaient d’anticiper les tâches et de former une équipe soudée. Carolijn BROUWER le dit en conférence de presse, « à onze contre huit, on a plus de mains et plus de têtes. » Liz WARDLEY, navigatrice australienne, rebondit « happy cheap, fast boat » (navire heureux, bateau rapide). Mais malgré leur manque d’expérience et leur force physique moindre, une fois en mer, les navigatrices ne sont plus ni fille, ni femme, ni mère… La mer, elle, ne fait pas la différence.

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UNE FORMATION MÉDICALE

En mer, l’imprévu est constant. La voile est un sport à risque. En cas de blessure, les équipages se soignent par eux-mêmes. Si besoin, ils peuvent contacter leur médecin d’équipe par e-mail ou par téléphone satellite. Et à l’heure de l’écriture de ces lignes, plusieurs blessures ont été signalées. Le Néo-Zélandais Tony RAE de la team Vestas Wind s’est sérieusement abimé les cotes. L’Espagnol Carlos HERNANDEZ de l’équipe Mapfre a eu le menton endolori à la suite d’un choc violent. Enfin, l’Américain Amory ROSS, reporter embarqué à bord du bateau Alvimedica, s’est démis l’épaule. Les premiers soins sont donc pris en charge à bord du bateau grâce à trois kits médicaux et aux membres de l’équipe formés pour. Au sein de la team SCA, trois navigatrices ont suivi une formation médicale durant dix-huit mois portant sur l’intervention d’urgence, l’éducation aux soins secondaires, la formation sur la suture, la pose d’attelles ou de cathéters en intraveineuse et même l’utilisation d’un défibrillateur externe automatique (DEA). Pour ce faire, chaque équipage possède à bord le même matériel médical obligatoire contenu dans trois sacs. Le premier sac peut être utilisé au quotidien et comporte des médicaments et du matériel de premier soin. Le deuxième est utilisé en cas de situation plus particulière avec des médicaments et des équipements plus spécifiques. Enfin le 3e sac contient le matériel nécessaire en cas de perfusion intraveineuse. À bord du bateau SCA, un 4e sac est prévu, contenant un défibrillateur externe automatique et un dernier avec du paracétamol, de l’ibuprofène, du plâtre.

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UNE HYGIÈNE SANS FAILLE

Les blessures ne sont pas les seuls risques à bord. En mer, sur une course aussi longue, les navigateurs doivent porter une attention sans relâche à leur santé. Et cela commence par l’hygiène. Les conditions à bord du bateau, le vent, le sel de la mer, des toilettes restreintes… peuvent vite devenir un problème si les navigateurs ne font pas attention. Comme nous le confirme Samantha DAVIES, skippeuse à bord, « des petits problèmes de peau, à bord d’un bateau et sans assistance, peuvent vite devenir de gros problèmes. Il est donc important de rester propre et de prendre soin de soi » (voir l’interview page 11). Mais pour cela, notre équipe est bien choyée grâce à la marque SCA et ses produits d’hygiène. La Volvo Ocean Race est une course mais aussi et surtout une aventure. Et rien ne définit mieux l’aventure que l’imprévu. La crainte de tout navigateur. « Ma peur est de percuter une baleine ou un conteneur, d’avoir une grave panne mécanique ou électronique qui nous oblige à abandonner », livre Samantha DAVIES.

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