Poussez au max pour votre santé !

Gilles a 43 ans, il est coureur de fond. Il revient me voir avec l’épreuve d’effort que je lui ai prescrite. Dans une clinique, il a pédalé à intensité croissante alors qu’un ECG enregistrait le comportement électrique de son cœur. Je regarde les résultats. L’épreuve d’effort est normale, le cœur est bien oxygéné et Gilles ne présente pas de battements irréguliers. Néanmoins, je suis intrigué par la fréquence cardiaque maximale atteinte : 166.

Le doc : Dites-moi, Gilles, sur le terrain, quelle est la fréquence cardiaque maximale qu’affiche votre cardiofréquencemètre ?

Gilles : Quand je force un peu, en fin de fractionné, je suis souvent à 182.

Le doc : Ah ! Votre épreuve d’effort ne vous a pas mené au maximum de vos possibilités ! Dommage, il nous manque une analyse précise du comportement de votre cœur au moment où il peut justement souffrir !

Gilles : La cardiologue m’a arrêté car je n’arrivais plus à pédaler, j’avais trop mal aux jambes !

Le doc : C’est fréquent chez les coureurs de fond longilignes qui manquent de force et n’ont pas l’habitude de faire du vélo. Pour compenser, les cardiologues du sport ont des astuces : faire mouliner, réduire la durée des derniers paliers, faire sprinter dans les dernières secondes. Ils font rarement des tests sur tapis car le buste n’est pas assez stable pour obtenir un bon enregistrement.

Gilles : Il faut refaire l’examen ?

Le doc : Non, pour vous qui n’avez pas symptômes et avez bénéficié d’une épreuve préventive, ça ira. On verra l’année prochaine. Si vous aviez eu des douleurs ou des palpitations en courant à vitesse rapide, nous aurions dû recommencer. La médecine du sport regorge d’anecdotes dans lesquelles les signes électriques apparaissaient qu’à puissance très élevée alors que la première épreuve d’effort sous maximum était normale !

Par le docteur Stéphane Cascua, médecin du sport.

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