Courbature des os !

Carole a 42 ans. Elle pratique la course à pied avec passion. Elle prépare un semi-marathon. Elle vient me voir pour une douleur à la face interne des mollets. Elle a même fait une IRM. Le diagnostic mentionné est celui d’une périostite.

Carole : Docteur, il faut m’expliquer ce qu’est une périostite.

Le doc : La périostite est à l’os ce que les courbatures sont aux muscles ! Lors d’un entraînement inhabituel, il se produit des microdéchirures à la jonction entre les fibres et les enveloppes musculaires. Parfois, elles sont si étendues qu’elles vous font souffrir : ce sont les courbatures. En réponse à ces lésions microscopiques, votre muscle se répare plus fort et plus volumineux comme pour se préparer à de nouvelles contraintes. C’est le fameux rythme « décompensation/surcompensation » ! Le même phénomène existe au sein du tissu osseux. Les impacts répétés de la course provoquent des fi ssures microscopiques. La membrane qui entoure l’os, le périoste, s’irrite : c’est la « périostite »… avec « ite » pour designer une « infl ammation ». Vous comprenez pourquoi ces microdéchirures de l’enveloppe osseuse sont l’équivalent des courbatures musculaires.

Carole : Alors, la périostite permet d’avoir des os plus forts ?

Le doc : Pas tout à fait. Comme les courbatures ne sont pas indispensables pour accroître la masse musculaire, la périostite n’est pas le bon moteur pour augmenter la résistance des os. Il s’agit plutôt de processus caractérisant un surmenage tissulaire. La surcompensation se produit pour des sollicitations inférieures à celles provoquant des lésions. D’ailleurs, les études montrent que la densité osseuse des coureurs en bonne santé est de 20 % supérieure à celle des sédentaires. À l’inverse, une étude menée par MILGROM montre que 30 % des blessures retrouvées chez les militaires sont en fait des souffrances osseuses. Alors, mieux vaut doser votre effort !

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT.

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