AURÉLIE MULLER NAGE EN EAU LIBRE

Aurélie MULLER est devenue championne du monde du 10 km de nage en eau libre le 28 juillet 2015 lors des Championnats du monde de natation de Kazan, en Russie avec un temps de 1 heure 58 minutes 04 secondes. Peu connue et rarement médiatisée, la natation en eau libre se nage sur 5, 10 ou 25 km en mer, lac ou rivière. Elle est la discipline longue distance de la natation.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre.

Nageuse professionnelle depuis deux ans au Cercle Nautique Sarreguemines, Aurélie MULLER nage en bassin, sur 800 m et 1 500 m, mais aussi en eau libre sur 5 et 10 km. Elle fait partie de l’équipe de France depuis dix ans.

Comment en êtes-vous venue à nager en eau libre ?

En 2007, je souhaitais participer aux J.O. de Pékin de 2008. Malheureusement, la compétition sur 1 500 m n’existe pas pour les femmes, et sur 800 m, il y avait beaucoup de filles, dont Laure MANAUDOU. J’ai donc essayé l’eau libre. J’ai commencé par le 5 km. Je ne m’en suis pas trop mal sortie. J’ai donc continué sur 10 km. Aux championnats du monde de cette année-là, j’ai pu me qualifier pour les jeux Olympiques de Pékin 2008. Seule la distance de 10 km est olympique.

Quelles sont les grandes différences de la nage en eau libre avec celle en bassin ?

Beaucoup de facteurs sont différents. Tout d’abord, on nage dans un groupe de 30 à 50 personnes. Il n’y a pas de ligne d’eau comme en bassin. Il faut donc savoir s’orienter, prendre des caps et pour cela, il faut lever  la tête lorsque l’on nage. Il faut aussi savoir prendre la vague de son adversaire afin de s’économiser au max. Comme à vélo, on prend la roue. Nous, on prend la vague. Enfin, on nage en milieu naturel. Il faut donc s’adapter aux vagues, aux courants, à l’eau froide et à l’eau chaude. Il faut aussi se rendre compte que le niveau des nageurs en eau libre a énormément progressé depuis que la discipline est devenue olympique. Le rythme est soutenu pendant l’ensemble de la course, mais les 2-3 derniers kilomètres sont vraiment très intenses. L’objectif est donc d’arriver pas trop fatigué et bien placé pour aborder ces derniers kilomètres.

Le ravitaillement est aussi une différence essentielle…

Effectivement. En nage en eau libre, le circuit fait boucle en contournant des bouées. Il s’agit, généralement, de quatre tours de 2,5 km. Sur ce parcours, il y a un ponton et nos entraîneurs nous tendent un ravitaillement grâce à une perche. Il s’agit généralement d’une boisson énergisante. Nous pouvons prendre le ravitaillement entre une et trois fois. Il est interdit de toucher le ponton. De plus, il ne faut pas perdre de temps. On ralentit donc mais on ne s’arrête pas complètement. On se met sur le dos, puis on repart sur le ventre.

Les entraînements sont-ils aussi spécifiques en eau libre ?

Les entraînements ne sont pas spécialement spécifiques. On s’entraîne comme en bassin. On oriente cependant un peu plus sur l’endurance. Je nage entre 70 et 100 km par semaine. Je passe donc entre 5 et 6 h par jour dans l’eau. Auxquelles, il faut ajouter deux séances de musculation et une sortie en course à pied. Les conditions sont différentes des compétitions d’eau libre. On ne peut pas réunir 50 personnes dans un bassin. On prend donc un maximum d’expérience dans les compétitions comme les championnats du monde. En bassin, on travaille plus les repères chronométriques. On pratique aussi quelques exercices spécifiques à la nage en eau libre, comme le lever de tête ou le ravitaillement. On s’entraîne rarement en extérieur, en eau libre. En ce moment, je vais faire une exception car une compétition se déroule en mer. Il faut donc s’entraîner à nager avec des vagues.

Aurelie muller nage en eau libre 2 - SanteSportMagazine 37 - credit Herbalife

Vous êtes-vous souvent blessée dans votre carrière ?

Je n’ai jamais eu de blessure depuis que je nage à ce niveau. Tout d’abord parce que l’on effectue un gros travail de prévention, ensuite parce que la nage en eau libre reste un sport doux, sans choc. En revanche, lorsque je cours ou que je pratique un autre sport, j’ai des courbatures.

Comment en êtes-vous venue à utiliser les compléments alimentaires Herbalife ?

Je suis originaire de Lorraine. Or le siège de Herbalife France est à Strasbourg. J’ai eu la chance d’obtenir un contrat de sponsoring grâce à mon diplôme universitaire passé en Lorraine. Les produits me convenaient parfaitement, donc j’ai continué.

 Crédit photos : Herbalife

Comments are closed.