AMELIE MAURESMO : DE LA TERRE BATTUE A L'ASPHALTE

Numéro 1 mondial en 2004 et 2006, vainqueur de deux titres du grand chelem, Amélie Mauresmo a mis avec beaucoup d’émotion un terme à sa carrière en décembre 2009. 10 mois plus tard, c’est une championne retraitée heureuse et prête à un nouveau défi que nous avons rencontré.

Propos recueillis par Muriel Sultan


Vous voici toute jeune retraitée, vous avez vraiment « raccroché » la raquette ?

Oui, je n’ai plus retouché une raquette depuis mon annonce. J’ai eu comme une overdose de tennis. A la place, je vais au trinquet pour jouer à la pelote basque quand je suis dans le Pays Basque et je cours. La course à pied c’est simple, facile et cela ne demande pas de partenaire d’entraînement. Je cours deux à cinq fois par semaine, c’est variable, selon mon humeur. Ce n’est pas évident depuis que j’ai arrêté, il y a moins de discipline et l’envie de se reposer est parfois plus présente.

Vous conservez une bonne hygiène de vie depuis la retraite ?
Je n’ai pas pris de poids, c’est une de mes hantises ! J’ai envie de rester en forme. J’ai changé mon alimentation, naturellement réduit les quantités, je mange moins de sucres lents mais vous savez, j’ai mis du temps à avoir une hygiène de vie très saine. Dans mes jeunes années sur le circuit j’étais un peu « fofolle » ! Après j’ai compris que pour arriver tout en haut, un des facteurs était d’avoir une hygiène de vie irréprochable même si avec ma passion du vin je m’accordais un petit plaisir de temps en temps !

Vous vous sentez comment physiquement ?

Je revis, mon corps revit. C’est un des paramètres que j’ai trouvé formidable en arrêtant. Cela fait du bien de se lever le matin sans les genoux qui « grincent », sans le dos un peu raide. C’est flagrant et c’est un vrai bonheur.

Ne plus voyager sans arrêt aussi et subir le décalage horaire ?

Le décalage horaire m’a toujours posé beaucoup de problème. Il fallait que je parte plus tôt. Et plus j’avançais en âge et plus c’était difficile. Ma seule astuce était de coller le plus tôt possible au rythme du pays et puis heureusement j’ai toujours bien dormi.

Vous pensez à une reconversion professionnelle ?
J’ai une vie de retraitée bien tranquille ! Je prends du temps pour réfléchir à ce que je veux faire. Je fais partie des sportifs qui n’ont pas préparé la retraite. Y penser pour moi c’était déjà s’arrêter, moi j’avais besoin de me concentrer à 100% sur le tennis et ma carrière.

En revanche, je me suis fixée un challenge sportif puisque je vais courir le marathon de New York le 7 novembre prochain et ça m’angoisse énormément.

En attendant vous êtes l’égérie de la basket Easytone de la marque Reebok ?

Je préfère parler de partenariat avec la marque qui m’a fait confiance sur la deuxième partie de ma carrière. Aujourd’hui ils souhaitent continuer l’aventure avec moi et j’en suis ravie. A égérie je préfère ambassadrice de cette chaussure qui permet en marchant de raffermir certains muscles des mollets, des cuisses et des fesses. On parle d’une chaussure miracle mais vous savez je suis comme Saint Thomas et je ne crois que ce que je vois ! Et bien après une journée passée à vadrouiller, quand j’ai enlevé les chaussures le soir, je n’en pouvais plus, je sentais que cela avait fait travailler mes muscles différemment.

Pour terminer, si vous aviez un message pour nos lecteurs ?

Ce serait de trouver du plaisir dans l’activité physique qu’ils pratiquent. S’il n’y a pas de plaisir et de côté ludique on abandonne. Le bien être après l’effort c’est extraordinaire. C’est bien aussi de se dire j’entretiens mon corps, je fais attention à moi. Le sport doit devenir une habitude, c’est la clé, il faut que le corps le réclame.

Crédit photo : 1) PHILIPPE MILLEREAU/DPPI 2) Reebok

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