Cancer, réduire le risque au quotidien

De nombreux facteurs de risque de cancer sont directement liés à notre mode de vie et à nos habitudes quotidiennes. Basées sur des résultats scientifiques, des recommandations existent et permettent de réduire significativement notre risque de cancer. Tour d’horizon de ces facteurs de risque quotidiens – et des moyens de les éviter.

Par la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

Les mutations génétiques, qui sont à l’origine d’un cancer, peuvent être causées par de nombreux événements. Certains sont inhérents à la biologie de nos cellules mais d’autres sont dus à l’action d’agents extérieurs qui sont parfois issus de notre vie quotidienne. De la même manière, certains déséquilibres physiologiques ou hormonaux peuvent être liés à notre vie de tous les jours et contribuer à favoriser le développement d’une tumeur. Connaître les situations qui, dans nos habitudes de vie, augmentent notre risque de cancer, est un premier pas pour les combattre.

ARRÊTER DE FUMER

La consommation de tabac est le premier facteur de risque évitable de cancer dans notre société. En France, on estime qu’il cause chaque année 44 000 décès par cancer. Associé à plus de 17 localisations cancéreuses, il est notamment responsable de 90 % des cancers du poumon, 75 % des cancers du larynx et 30 % des cancers du pancréas, un des cancers les plus difficiles à traiter. Si la dangerosité de la cigarette n’est plus à démontrer auprès du grand public, les bénéfices de l’arrêt en termes de risque de cancer sont généralement moins connus. Pourtant on estime qu’au-delà de cinq ans sans fumer, le sur-risque de cancer lié au tabac est diminué de moitié.

RÉGULER SA CONSOMMATION D’ALCOOL

Moins connue que la consommation de tabac, la consommation d’alcool est aussi un facteur de risque majeur de cancer. Une consommation régulière augmente drastiquement les risques de cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’oesophage, du foie, du côlon, du rectum, du sein… À noter que tous les alcools sont concernés : l’élément qui est en cause est l’éthanol, présent, par définition, dans toutes les boissons alcoolisées, qu’elles soient fortes ou plus légères, de bonne ou de mauvaise qualité ! Une étude publiée en 2013 a montré que l’effet sur le risque de certains cancers serait observable dès la prise d’un seul verre par jour. La modération est donc de rigueur, en quantité comme en fréquence.

AVOIR UNE ALIMENTATION ÉQUILIBRÉE

L’alimentation a une place importante dans la prévention des cancers. Facteurs de risque et facteurs protecteurs cohabitent dans nos assiettes et de nombreuses recherches visent à démêler les influences complexes des différentes pratiques alimentaires. Si tout n’est pas encore clair, un certain nombre de points sont déjà bien renseignés :

- La viande rouge (bœuf, veau, porc, mouton, agneau…) consommée en excès augmenterait les risques de cancer colorectal. La charcuterie, de manière encore plus sûre, aurait aussi un tel effet. Il est donc recommandé de manger moins de 500 g de viande rouge par semaine et de réduire au maximum sa consommation de charcuterie.

- Les aliments trop gras et l’excès de sel sont aussi associés à un sur-risque de cancer.

- Les fruits et légumes, au contraire, jouent un rôle protecteur majeur, grâce à leur apport en fibres et en antioxydants. Les fameux cinq fruits et légumes quotidiens recommandés représentent simplement une ration totale de 400 g. Les aliments complets peuvent aussi être privilégiés pour enrichir son régime en fibres.

ÊTRE ACTIF

Le manque d’activité physique a clairement été associé à un sur-risque de plusieurs cancers : + 18 % de risque de cancer du côlon chez l’homme (+ 20 % chez la femme), + 21 % pour le cancer du sein, + 26 % pour le cancer de l’endomètre. Au contraire, de nombreux éléments indiquent que la pratique régulière d’une activité physique d’intensité modérée ou élevée réduit les risques. Chez l’adulte, on considère par exemple qu’il faut pratiquer un minimum de 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée (marche rapide par exemple) au moins cinq jours par semaine pour réduire son risque de cancer.

CONTRÔLER SON POIDS

Une étude publiée il y a environ un an par le Centre international de recherche sur le cancer, le CIRC, affirmait que près d’un demi-million de cas de cancers dans le monde étaient dus au surpoids ou à l’obésité pour l’année 2012. En France, on estime qu’environ 2 500 décès par cancer seraient imputables à ce facteur de risque chaque année, 32 % de la population française étant actuellement considérée en surpoids. Pour contrôler son poids, ou plutôt son IMC (indice de masse corporelle), les recommandations précédentes sont toujours pertinentes : manger équilibré, en quantités adaptées, privilégier les aliments peu caloriques comme les fruits et les légumes, rester actif…

SE PROTÉGER DU SOLEIL

La fréquence des cancers de la peau augmente depuis plusieurs décennies. En France, on en dénombre environ 80 000 chaque année, parmi lesquels plus de 10 000 sont des mélanomes, la forme la plus sévère des cancers cutanés. On sait aujourd’hui que les rayons UV, naturels ou artificiels, sont responsables de la très grande majorité de ces cancers. UVA, UVB, tous deux sont liés au sur-risque de cancer. Il est donc capital de s’en protéger en réduisant son exposition au soleil et en bannissant l’usage des cabines de bronzage. ♦

Pour plus d’informations sur les facteurs de risque et la prévention des cancers, consultez les dépliants de la collection « sensibiliser et prévenir » de la Fondation ARC sur le site : www.fondation-arc.org.

1 – Sauf mention contraire, les données présentées dans cet article sont issues de l’Institut national du cancer (INCa) et proviennent notamment de trois documents : La brochure « Nutrition et prévention primaire des cancers­: actualisation des données », publiée en 2015 par l’INCa en partenariat avec le réseau NACRe (voir encadré), ainsi qu’un document destiné au grand public : « Nutrition et cancers – Alimentation, consommation d’alcool, activité physique et poids ». Un dossier de presse, diffusé en juin 2015 à l’occasion de la campagne « Prévention cancers, le test : 3 minutes pour faire le point ­.»
2 – Nelson, D.E. et al; Alcohol-attributable cancer deaths and years of potential life losts in the United-States ; American Journal of Public Health; April 2013
3 – C.M. Friedenreich et al ; State of the epidemiological evidence on physical activity and cancer prevention ; European Journal of Cancer; 2010

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LE RÉSEAU NACRE, POUR UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DES RELATIONS ENTRE NUTRITION ET CANCERS

Depuis quinze ans, des acteurs de la recherche publique ont structuré un réseau national autour d’un projet commun : explorer les liens entre la nutrition et les cancers dans un objectif de santé publique. Aujourd’hui ce sont plus de 300 chercheurs provenant d’une quarantaine d’équipes réparties sur le territoire qui organisent leur travail autour de thématiques très variées issues de la biologie fondamentale ou de la psychologie, de l’épidémiologie ou de la sociologie. Consciente de l’importance de cette richesse de points de vue, la Fondation ARC a choisi d’être partenaire de ce réseau national, qui s’engage aussi à produire de l’information destinée au grand public comme aux grandes agences de santé nationales. Leur domaine de compétences est large, puisqu’il porte sur le rôle de la nutrition dans la prévention des cancers mais aussi dans l’accompagnement des malades et la gestion de l’après cancer.

Pour plus d’informations sur le réseau NACRe, consultez leur site : www6.inra.fr/nacre.

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