Hamid Belhaj un retour en 2016 ?

Hamid Belhaj est marathonien. Il a vécu deux années difficiles en 2014 et 2015 à cause de douleurs aux pieds. Il revient sur sa blessure et les efforts qu’il a fournis pour pouvoir s’aligner cette année sur les lignes de départ.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre.

 

Marathonien, Hamid Belhaj intervient pour la deuxième fois dans SantéSportMagazine. Dans ce numéro principalement dédié à la course à pied, le marathonien a accepté de jouer le rôle d’intervenant, et de donner son avis sur les différents sujets traités. Il a aussi répondu aux questions de la rédaction.

Quels sont tes objectifs pour cette année 2016 ? (ndlt : interview réalisée le 10 février 2016)

Je pars pour le marathon de Los Angeles le 14 février 2016 pour tester les chaussures de la marque Skechers® sur le terrain. Et pourquoi pas, me faire une place dans les dix premiers. La préparation s’est bien passée. Donc j’ai peut-être une chance. Après, en course à pied, il y a l’entraînement et le jour J. Il faudra, cependant, que j’aie assimilé les neuf heures de décalage horaire, que je sois prêt pour un départ à 6h50 du matin. La chaleur à Los Angeles impose un départ à cette heure-là. Normalement, je cours aussi l’Eco-Trail de Paris® le 19 mars, sur 50 ou 30 km, selon ma récupération du marathon. Je serai également présent pendant les trois jours au Running Expo pour une démonstration avec Skechers®. Nous devrions organiser une animation sur tapis de course. Ensuite, je participerai au semi-marathon de Bordeaux (9 avril 2016), et à un marathon au mois de mai : soit le marathon de Sénart (1er mai 2016), soit celui du mont Saint-Michel (29 mai 2016).

Comment s’est passée ta préparation ?

Depuis deux ans, je galère. Depuis la fin de l’année 2013, je ressens des douleurs à un pied. Mon deuxième métatarse s’affaissait. Cet affaissement fait que mon pied frottait et créait d’énormes ampoules, très douloureuses. À l’époque, je n’arrivais même plus à marcher. Ces douleurs m’ont pris par surprise, du jour au lendemain. Du coup, j’ai changé ma manière de poser le pied. Finalement, avec mon podologue, nous avons trouvé une astuce. Nous avons mis une cale sous la semelle qui relève mon deuxième métatarse. La tête de ce dernier revient dans l’axe. Ensuite, il m’a fallu rééduquer mon pied. J’ai dû travailler pour revenir sur appui avant, reprendre confiance, pour pouvoir m’appuyer sur le gros orteil. C’était compliqué !

 

D’où est venue cette blessure ?

Les médecins n’ont pas su me le dire. Elle est apparue subitement lors de ma participation au marathon du Futuroscope à Poitiers. J’ai fini la course avec une ampoule monstrueuse. Le médecin a dû la découper. J’avais la chair à vif. Ensuite, je suis parti au Liban pour un contrat. Je suis rentré au bout de quinze jours car je ne pouvais plus courir, ni même poser le pied. J’ai appris plus tard que cette blessure était due à un affaissement de la tête du deuxième métatarse. Mais comment est arrivé cet affaissement, je n’en ai aucune idée. Pour l’instant, je peux courir avec ma cale. Je n’ai plus de douleurs depuis l’été dernier. J’ai donc repris, progressivement, l’entraînement. Depuis deux mois, j’ai repris intensément. J’ai réalisé une belle préparation. J’ai couru quasiment deux cents bornes par semaine pendant six semaines, sans soucis.

As-tu pu reprendre correctement les entraînements l’été dernier ?

J’ai commencé par me réathlétiser. Je n’avais pas complètement arrêté le sport. J’ai continué à travailler mon rythme cardio-vasculaire sur elliptique, vélo, et à faire du renforcement musculaire. J’allais souvent en salle. Je m’imposais des séances de musculation, sur le principe du CrossiFit, du circuit training. J’ai travaillé la proprioception, la force, la pliométrie, etc. J’ai d’ailleurs découvert que l’elliptique est un bon moyen d’entraînement car la séance ressemble à une séance de course à pied mais sans les chocs. La distance peut également être moindre qu’en vélo. Il est possible de travailler le fractionné, le travail de seuil, etc. C’était la première fois que je fréquentais autant la salle de sport. Mais je n’avais pas le choix. J’ai gardé la motivation de rester compétitif et athlétisé.

Hamid Belhaj marathon 2 - SanteSportMagazine 40

Depuis que j’ai repris ma préparation en course à pied, je réalise deux séances par jour de running. Le matin, je cours environ 15 km. Et le soir, je fais un travail de seuil : 2 x 5 000, 2 x 20 minutes, travail de VMA… ou autre. Je continue, trois fois par semaine, à faire une séance de musculation de 45 minutes.

Lors de notre dernière rencontre en 2012, vous nous disiez courir avec des chaussures minimalistes. Cours-tu toujours avec ce type de chaussures ?

Oui, mais je ne suis plus chez Brooks® mais chez Skechers®. Cette dernière est une société américaine qui, à l’origine, faisait du sportwear et des vêtements de ville. En 2009, suite à leur rencontre avec Meb [Keflezighi], le marathonien américain, elle a créé un département « Performance » et un modèle de chaussures de sport, la GoRun. Cette chaussure de running est très souple et assez minimaliste. Moi qui viens de la piste, j’apprecie particulièrement ce modèle. Maintenant, ces modèles sont dans l’esprit sans drop ou avec un petit drop mais qui conviendrait à tout le monde. Skecher® a trouvé un modèle intermédiaire avec un peu d’amorti.

Avec quelles chaussures cours-tu ?

Je cours avec plusieurs modèles. Je cours beaucoup, en entraînement, avec le modèle GoRun Ultra. En compétition, j’utilise la GoRun Speed. Tous les modèles de la marque sont des GoRun. La chaussure de compétition est la GoRun Speed. Cette dernière est la plus légère, possède beaucoup de retour, et est très dynamique. La chaussure GoRun Ultra est une chaussure intermédiaire qui permet de s’entraîner sur route comme sur chemin. La marque vient également de sortir une chaussure pour les pronateurs, la GoRun Forza, et une autre pour le trail, la GoTrail Ultra 3, avec des accroches et une semelle de caoutchouc. Cette dernière est une chaussure dynamique et légère.

As-tu une alimentation spécifique ?

En alimentation, je pars du principe que tout se trouve dans la nature. Il faut manger de tout, raisonnablement. J’essaie de préparer tout ce que je mange, de ne pas consommer de plats préparés. J’essaie aussi de sélectionner des aliments avec un circuit court. Penser aussi un peu à l’environnement. Je mange beaucoup de végétaux et de produits de la mer, comme je vis en bord de mer. Cependant, aujourd’hui, les aliments raffinés ne sont plus aussi riches. Je consomme donc des compléments pour compenser une alimentation moins riche. Je prends des algues de la famille de la spiruline, de l’eau [de mer] de Quinton et de la vitamine C. En fonction des périodes de l’année, les doses varient.

Pas de régime spécifique ?

Je ne bois pas de lait, du tout. Je mange un peu de fromage cuit. En revanche, je n’ai pas de régime sans gluten, je mange toutes les céréales. Mais, généralement, je privilégie le quinoa ou le millet, qui ne contiennent pas de gluten.

Utilises-tu ta VO2 max pour tes entraînements ?

Je réalise un test d’effort à peu près tous les deux ans. Je ne m’en sers pas forcément pour mes entraînements. Elle me sert de référence. Aujourd’hui, il existe plusieurs protocoles pour mesurer sa VO2 max. Vais-je sur tapis ou sur terrain ? Vais-je courir 3 ou 6 minutes ? Il s’agit de référence. Il faut réaliser le test et garder le même protocole l’année d’après afin d’avoir une idée de l’évolution. Il faut l’utiliser car elle peut aider à progresser, mais pas se focaliser dessus. ■

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