Alexandra Louison & Audrey Merle – Portraits croisés

Audrey MERLE et Alexandra LOUISON sont deux triathlètes parmi l’élite française. À 20 ans, Audrey est un des grands espoirs du triathlon tricolore. Son objectif des jeux Olympiques 2020 l’emmènera peut-être à Rio. Alexandra LOUISON est plus connue. Ses victoires et podiums sur des Ironman lui ont ouvert de nombreuses portes. Après avoir rencontré les deux athlètes, SantéSportMagazine a décidé de croiser les portraits.

Par Gaëtan Lefèvre.

 

À l’occasion de ce cinquième numéro du hors-série triathlon, réalisé en partenariat avec la Fédération française de Triathlon, SantéSportMagazine a rencontré deux triathlètes surprenantes par leurs parcours et leur ténacité : Audrey MERLE et Alexandra LOUISON. Ces deux petits bouts de femmes, 1,53 m pour 44 kg pour la première (annoncé sur le site de la marque Headcycle®, son partenaire vélo) et 1,55 m pour 42 kg pour la seconde (informations issues de son site Internet personnel), possèdent un très grand courage. Elles ont le point commun d’être des athlètes douées et dévouées à leur sport, le triathlon. Et en plus, leurs têtes sont bien faites. La jeune Audrey MERLE a bientôt 21 ans et est étudiante en STAPS, après avoir suivi une filière scientifique. Tout juste reconvertie au triathlon en 2011, elle construit son palmarès et s’impose au sein de la Fédération comme un grand espoir. En 2014, elle remporte le championnat de France dans la catégorie junior et prend une deuxième place des championnats d’Europe dans la même catégorie. Championne du monde de triathlon des moins de 23 ans en 2015, à Chicago, Audrey MERLE peut maintenant décrocher son billet pour les prochains jeux Olympiques de Rio, au Brésil. Face à elle, Alexandra LOUISON possède plus d’expérience et s’aligne généralement sur des distances plus longues. Après avoir terminé deuxième de sa promotion à l’École supérieure de Commerce, SKEMA Business School, à Sophia Antipolis et major de sa spécialité « Marketing et Management de Projet », elle devient triathlète professionnelle avec le soutien de l’Armée de terre. Son contrat l’intégrant au sein du 54e régiment d’artillerie (RA) à Hyères, dans le Vaucluse, lui permet ainsi de pratiquer son sport en toute sérénité et de pouvoir s’entraîner librement. Également détentrice d’un Brevet fédéral d’entraîneur de triathlon (BF4), elle renvoie la balle à l’Armée de terre en entraînant de temps en temps les militaires, en aidant le bureau des sports ou en donnant des conférences. Mais la pratique du triathlon laisse peu de temps et de place à d’autres activités. Et pour remporter deux fois, en 2005 et 2007, l’Ironman de Monaco, une fois en 2007, l’Ironman de Nice, monter sur le podium de celui d’Embrun, et devenir plusieurs fois championne de France de Duathlon, il faut passer beaucoup de temps à l’entraînement. dans l’une des compétitions les plus mythiques de l’histoire du sport, les jeux Olympiques. De son côté, Alexandra a déjà touché à la gloire et connaît la sensation de la victoire sur des compétitions aussi prestigieuses que l’Ironman. Aujourd’hui, sans tirer un trait sur son sport, elle se laisse glisser vers d’autres disciplines.

Audrey Merle portrait - santesportmagazine hs triathlonAudrey Merle

Arrivées sur le tard

De la gymnastique en passant par le rock acrobatique, Alexandra LOUISON va, durant son enfance et son adolescence, s’essayer à différents sports : la course à pied, puis le vélo avec sa sœur et ses parents. Dans la famille LOUISON, les week-ends sont plutôt sportifs et les filles accompagnent souvent leurs parents sur des compétitions de triathlon. Il n’en faut pas moins pour que l’envie se fasse sentir de s’essayer à ce triptyque.

À 15 ans, Alexandra trouve enfin sa voie, avec un beau bagage sportif et une belle expérience des sports d’endurance. À l’image de son ainée, Audrey MERLE arrive sur le tard au triathlon. Nageuse de formation, elle participe seulement en 2011, à l’âge de 16 ans, à son premier aquathlon. Elle débutera l’année suivante le triathlon. Les deux triathlètes aiment courir et trouvent dans ce nouveau sport la possibilité de combiner plusieurs plaisirs. Quelques années plus tard un événement aurait pu les amener à se croiser, les jeux Olympiques de Rio 2016. Alors que la jeune Audrey est très vite repérée par la Fédération, elle gravit rapidement les échelons. Tellement rapidement que malgré son objectif premier qui est la qualification aux JO 2020, ceux de 2016 au Brésil se placent à sa portée. Le 16 mai 2016, elle aura donc l’occasion, avec ses « camarades de l’équipe de France », d’aller chercher un ou deux dossards. Quant à elle, Alexandra ne participera pas par le triathlon aux Jeux 2016 mais par la course à pied. Elle est grande amatrice de running. Et cette discipline « est son point fort » lors des triathlons. Elle s’entraîne même au SCO Sainte Marguerite (Marseille), aux côtés de Christelle DAUNAY. Elle possède des temps à donner envie à des puristes : 1h12’06’’ lors des championnats d’Europe de semi-marathon sous le maillot de l’équipe de France, en 2014, et 33’30’’ sur 10 km. Des temps qui marquent et la placent dans la course aux sélections des plus grandes compétitions. En 2014, elle participe donc à un collectif en vue de Rio. Elle ne possède pas beaucoup d’expérience sur marathon et se prépare alors fort pour participer à celui de Paris en 2015. Pour atteindre ses objectifs, elle augmente fortement ses entraînements en course à pied, et sollicite énormément son corps. Et malheureusement… la blessure arrive. Un entraînement trop intense ? Une sollicitation trop forte en course à pied ? Trop de chocs répétés ? Lors de sa participation au semi-marathon de Cannes en 2015, Alexandra terminera avec une fracture de fatigue au niveau du bassin.

Alexandra louison portrait Natureman - santesportmagazine hs triathlonAlexandra Louison

Petites mais costaudes

La fracture de fatigue oblige Alexandra à arrêter de courir pendant quatre mois. Elle se remet petit à petit au triathlon grâce à la pratique de ses disciplines portées : le vélo et la natation. Mais concernant la course à pied, elle doit être plus patiente, reprendre tranquillement et progressivement. Elle devra encore attendre un peu pour lancer complètement sa carrière de coureuse. De plus, Alexandra joue de malchance car cette blessure est la deuxième en moins de deux ans. En 2014, suite à une chute à vélo, elle se fracture l’épaule. Une blessure qui ne la pénalise que quelques mois, mais l’oblige quand même à s’arrêter. Même si les blessures sont assez rares en triathlon, les chutes restent courantes en cyclisme. Audrey MERLE en a fait l’expérience. Et malgré sa jeunesse et sa solidité, elle a aussi connu des temps plus difficiles. « Des blessures, j’en ai eu. Je me cassais de partout au moindre coup. » Heureusement, ses médecins ont réussi à pointer le problème. Car parallèlement à ses blessures, Audrey perdait beaucoup de poids. Chose persiste, jusqu’à mettre l’athlète en doute sur sa carrière. « Ils [les médecins] pensaient que je ne mangeais pas assez. J’étais prête à arrêter le sport car je me mettais en danger. » Finalement, le problème ne vient pas de la quantité mais de la composition de ce qu’elle mange.

Équilibre et plaisir

Les médecins détectent chez Audrey MERLE une intolérance au gluten. À même pas 20 ans, elle doit repenser son alimentation, faire attention à son assiette. Heureusement, la triathlète possède une bonne hygiène de vie. Avec un peu d’aide, elle s’est construite un programme alimentaire et s’est rapidement adaptée. « Lorsque l’on a testé le sans-gluten, du jour au lendemain, j’ai pu reprendre du poids, et être plus performante », explique-t-elle. Perfectionniste, elle a même plutôt tendance à pencher dans le sens inverse concernant l’alimentation. La direction, aujourd’hui, trop souvent prise par des athlètes qui deviennent excessifs et oublient le plaisir. L’entraîneur d’Audrey l’a aidée sur ce chemin. « Elle m’a remis sur le droit chemin lorsque j’allais trop loin et que je devenais un peu excessive. Ne pas avoir un contrôle permanent sur ce que l’on fait et garder une partie plaisir. » En nutrition aussi, nos deux athlètes ont la même philosophie. « J’ai une alimentation saine car je trouve dommage de gâcher le travail en ne gérant pas ce domaine », affirme Audrey. Alexandra n’en pense pas moins. L’alimentation influence trop la performance et la récupération pour la négliger. Elle est donc aussi intransigeante sur son hygiène de vie. Et pour aller plus loin, elle choisit des partenaires qui pourraient l’aider, lui apporter les produits nécessaires et à qui elle peut poser des questions si besoin. Depuis plus de dix ans, Alexandra travaille avec la marque STC Nutrition®. Elle y trouve ses boissons et gels pour la pratique sportive, « bons et équilibrés au niveau des apports », ainsi que sa complémentation pour lutter contre les carences. Elle se fixe des cures de compléments alimentaires tout en sachant qu’il faut y mettre des limites. Et elle a raison lorsqu’elle dit de faire « attention à ne pas réduire son alimentation à des petites boîtes et des pilules ». C’est pourquoi, elle vient de trouver un nouveau partenaire, Kuving’s®, qui conçoit « des extracteurs de jus à basse vitesse pour garder les qualités nutritives des fruits et légumes ». Grosse mangeuse de fruits et légumes, Alexandra vante ses assiettes riches et colorées. « Pour manger équilibré, il faut une assiette colorée. » Mais, elle était confrontée à deux problèmes. Tout d’abord, il est difficile « de manger une grande quantité de fruits et légumes à chaque repas ». Ensuite, l’athlète ne peut pas forcément « partir courir avec le ventre plein et en plein travail de digestion ». La triathlète a donc trouvé la solution avec son extracteur de jus qui lui permet en un verre de consommer plusieurs fruits et légumes, et de bénéficier des apports en eau, minéraux et vitamines suffisants. « L ’extracteur devient un bon outil pour les sportifs. »

Ne pas compter

Autres points communs à nos deux triathlètes : les heures passées à s’entraîner. Des centaines d’heures, des milliers d’heures, passées à fouler les chemins, sur la selle d’un vélo ou dans l’eau. Alexandra LOUISON s’entraîne principalement avec son ami au club de tri d’Antibes. Chaque jour, elle pratique deux disciplines, trois lors des stages ou des très grosses semaines. Elle possède un volume hebdomadaire de 10 à 25 heures. Elle n’oublie pas non plus le travail de renforcement musculaire. Basé sur un circuit training préparé avec son kiné, Alexandra effectue un travail très complet : avec ou sans charge, travail des muscles quadri, des ischios, des lombaires, des abdos, en gainage… et souvent combiné avec de l’électrostimulation, grâce à son partenaire Compex®. Enfin, elle « passe pas mal de temps sur la récupération ». Massages, soins de kiné, électrostimulation, elle pousse même jusqu’au soin en thalasso au Thalazur d’Antibes pour profiter des bains hydromassants, de la cryothérapie, des bottes de ressothérapie, etc. Audrey MERLE ne chôme pas non plus. Avec un jour de repos toutes les trois semaines, ce qu’elle appelle « un day off en fin de cycle », son corps est soumis à de lourdes charges d’entraînement. Cependant, son programme est très réfléchi et s’étale sur le long terme, courant jusqu’en 2020 aux jeux Olympiques. D’ailleurs, si jamais elle a la chance d’aller à Rio, elle ne souhaite pas changer son programme. « Je veux garder cette progressivité dans l’entraînement, ne pas me griller sur les années futures sur lesquelles je serai censée être plus mature et donc plus performante. Car l’expérience compte. » Une maturité déjà bien acquise ! Son programme l’a déjà installée dans une préparation à la distance olympique. Un passage difficile lorsque l’on sort de la catégorie junior et de ses sprints, mais qui lui convient parfaitement, elle qui préfère les distances longues.

Un chemin sans fin

Audrey MERLE ne se précipite donc pas vers le Brésil. Elle prendra sa chance si elle en a l’occasion. Et elle pourra en tirer une grande expérience. Mais elle préfère suivre son programme, intégrer petit à petit de nouveaux aspects à son entraînement… jusqu’aux jeux Olympiques de 2020. Alexandra LOUISON est plus évasive sur ses projets. Elle souhaite reprendre progressivement et voir au fur et à mesure les objectifs qu’elle peut se fixer. Une chose est, cependant, presque sûre, nous devrions la croiser aux bords de sentiers. Amoureuse des courses nature, elle souhaite se tester au trail.

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