Bénédicte Le Panse – Force athlétique et rééquilibrage alimentaire

Championne du monde de force athlétique en 2009, Bénédicte Le Panse est l’ambassadrice d’un sport peu connu. Elle est également directrice et fondatrice de l’organisme de formation « Le Panse Academy ». Enfin, elle s’occupe du suivi nutritionnel de nombreux athlètes. Elle dévoile son programme de « Rééquilibrage alimentaire » aux éditions Amphora. Rencontre avec Bénédicte Le Panse.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre

 

À l’âge de 16 ans, après douze ans de gymnastique, Bénédicte Le Panse entre dans une salle de musculation, à Châteauroux. Elle y découvre la force athlétique. Très rapidement, la discipline lui plaît. Elle aime la compétition et l’envie de se dépasser. Elle cherche déjà à repousser ses limites. Aujourd’hui (en janvier 2017), elle possède un beau palmarès : 28 médailles européennes dont 9 fois vice-championne d’Europe, et 15 médailles mondiales dont une médaille d’or, en Inde, en 2009. La force athlétique était, il y a encore quelques mois, une discipline associée à la Fédération française d’haltérophilie, musculation, force athlétique et culturisme (FFHMAC). Après un changement de réglementation de la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF), les fédérations françaises se sont vu contraintes de se séparer, créant ainsi la Fédération française d’haltérophilie, musculation (FFHM), la Fédération française de force (FFForce) et la Fédération de culture physique et culturisme naturel (FCPCN). La force athlétique regroupe trois mouvements : le squat, le développé-couché et le soulevé de terre. Une différence avec l’haltérophilie qui présente deux mouvements : l’arraché et l’épaulé-jeté.

Bénédicte, qui concourt dans la catégorie des moins de 47 kg, possède les records suivants : en squat, 165 kg ; au développé couché, 100 kg ; et au soulevé de terre, 162,5 kg. Passionnée de sport de force, elle participe également à quelques compétitions d’haltérophilie pour aider son club. Moins à l’aise dans les sports d’endurance, elle a quand même participé, en novembre 2016, au Raid des Aizés.

Vous revenez du Raid des Alizés. Comment s’est-il passé ?

Bien. Je devais partir dans le cadre de l’organisation. Je m’occupe de la partie « diététique ». J’anime une rubrique sur le site de l’événement en abordant des thèmes tels que « l’hydratation », « la collation », etc. Quelle nutrition prendre pour être prêt le jour J ? À côté, on m’a proposée de participer au raid.

Vous pratiquez toujours la force athlétique…

Oui. J’ai participé à une petite compétition de reprise, avant de partir pour le Raid des Alizés. Puis à une autre au mois de janvier. Mais la compétition commence, réellement, au mois de mars.

Quels sont vos objectifs pour cette année ?

Un podium aux championnats d’Europe, en mai 2017, puis éventuellement un podium aux championnats du monde, à la mi-novembre. L’objectif est également d’améliorer mes « barres ». Cependant, en compétition, il faut aller chercher une médaille, et donc, ne pas viser trop gros. Il faut être stratégique ! Par exemple, s‘il me suffit de soulever une barre de 160 kg au squat pour obtenir une médaille, il ne faut pas prendre de risques inutiles avant. En force athlétique, il existe trois mouvements. Dans chacun, nous avons droit à trois essais. Un classement est réalisé pour chaque mouvement ainsi que pour le total des trois barres. L’idée est donc de réaliser la meilleure barre au squat, au développé-couché et au soulevé de terre. On additionne le poids de ces barres afin d’obtenir le résultat pour le podium final. C’est stratégique car les médailles se jouent régulièrement sur le dernier mouvement.

Pouvez-vous nous présenter votre entraînement ?

Je m’entraîne tous les jours de la semaine et me repose le samedi et le dimanche. Les entraînements dépendent des périodes et des compétitions. Ils sont également influencés par mes journées de travail. En période de reprise, je travaille le fond. Je peux ainsi m’entraîner 3 heures à la salle mais toujours sous les barres, sous forme de circuit training. Je ne vais jamais courir. Quelquefois, je fais un peu de vélo. Les entraînements sont un peu différents au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. Les barres deviennent plus lourdes en s’approchant des échéances. On travaille plus sur de la qualité que sur de la quantité. Cela est épuisant physiquement et nerveusement. Proche des compétitions, je suis plus sur une moyenne de deux bonnes heures mais très ciblées. Parfois, j’essaie de faire deux petits entraînements dans la journée.

Sans travail cardio-vasculaire, le Raid des Alizés n’a-t-il pas été trop dur ?

Non, car j’ai retrouvé les mêmes efforts qu’en haltérophilie, notamment pour ce qui concerne les douleurs. Étant donné que nous étions trois, il fallait courir en équipe et franchir la ligne d’arrivée ensemble. Le rythme n’est pas trop intense. J’ai retrouvé les mêmes sensations qu’avec une barre chargée sur le dos : des efforts brefs et intenses ; des passages de marche de 50 cm de haut dans de la boue… Le Raid n’a pas le profil d’une course. On passe son temps à s’arrêter et à repartir.

Pratiquez-vous, également, l’haltérophilie ?

Oui, un peu dans mes entraînements. Et je participe à des compétitions en équipe pour mon club. Mais maintenant, les fédérations sont éclatées, donc l’haltérophilie se retrouve d’un côté, et la force athlétique de l’autre. Depuis le mois de juin, il existe trois fédérations avec le culturisme, l’haltérophilie, et la force athlétique. La musculation reste avec l’haltérophilie.

Quelles sont les différences entre l’haltérophilie et la force athlétique ?

L’haltérophilie comprend deux mouvements : l’épaulé et l’arraché-jeté. En compétition, le système est le même qu’en force athlétique avec trois essais dans chaque mouvement, le but étant de soulever le plus lourd à l’épaulé, à l’arraché-jeté, et au total final. En force athlétique, il y a trois mouvements : le squat, le développé-couché et le soulevé de terre. L’haltérophilie est plus technique que la force athlétique. il y a donc une approche différente aux entraînements. En haltérophilie, on va travailler plus souvent sur des charges qui vont être proches du maximum alors qu’en force athlétique, on ne soulève jamais de barre maximale à l’entraînement. En haltérophilie, on va aller chercher au kilo près son maximum pour travailler la technique. La discipline demande plus de qualités physiques mais aussi de la coordination, de la souplesse, de la vitesse et de la puissance. L’entraînement est donc différent dans les intensités de travail.

Vous avez créé « Le Panse Academy ». En quoi cela consiste-t-il ?

En 2011, j’ai souhaité faire partager ma passion et mes connaissances de la force athlétique. Je possède également une thèse en physiologie sur les sports de force en maîtrise et sur le dopage. J’ai rassemblé toute ma théorie et ma pratique pour créer une formation. J’ai monté « le Panse academy » pour le diplôme d’état d’éducateur sportif. La formation dure un an avec deux mentions : préparation physique ou fitness. Les stagiaires ont deux cours par semaine et passent le reste du temps dans le monde professionnel. On y apprend la physiologie liée au sport, l’anatomie, la législation, la psychologie, la nutrition… tout ce qui touche à la préparation physique et au monde du fitness.

Vous avez également rédigé un ouvrage sur l’alimentation, Rééquilibrage alimentaire, aux éditions Amphora. Pouvez-vous nous présenter votre méthode d’alimentation ?

J’ai travaillé sur les produits pharmaceutiques, pour les asthmatiques, mais aussi sur les produits en lien avec le dopage, dans un laboratoire, à Orléans. j’ai dérivé sur l’alimentation. Puis j’ai laissé les produits pharmaceutiques de côté, et je me suis spécialisée dans le système hormonal et l’alimentation. l’objectif, que ce soit pour de la prise de poids ou non, en compétition ou non… est de ne rien supprimer : ni les sucres, ni les graisses. Pour cela, il faut faire comprendre aux personnes comment le corps fonctionne. nous sommes régis par notre système hormonal. Savoir apporter le bon carburant au bon moment ! Par exemple, manger pour perdre du poids ! j’ai mis en place une équation. avec celle-ci, je définis ce dont l’organisme a besoin. Mais la théorie n’est pas suffisante. Chacun a des problèmes différents. Certaines personnes ne mangent pas assez, d’autres mangent trop. Sur le plan psychologique, c’est pareil. Moi, je me dis telle hormone travaille de telle manière, je cherche donc son précurseur qui peut, par exemple, être une vitamine. je vais sélectionner les bons aliments.

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Quelle est votre équation ?

Elle a un lien avec la calorimétrie, une machine, conçue pour la recherche au laboratoire d’Orléans. Il existe des équations types, par exemple, pour trouver son métabolisme. Mais elles ne sont pas forcément définies en fonction de la personne. L’idée est donc d’individualiser, au gramme près. Cela m’a pris du temps ainsi que des calculs mathématiques. Mais mon équation tombe à 20 calories près comparée aux résultats de la machine.

Si l’on calcule au gramme près, cela veut dire que la personne doit peser ses aliments ?

Non. Il faut de la simplicité, donc je parle en cuillère à soupe, en carré de chocolat, en mug, etc.

Mais cela revient au même. C’est très strict !

La personne ne le voit pas car j’évite qu’elle ait à peser. Elle va pouvoir manger, par exemple, trois tranches de pain, un petit carré de beurre, que l’on achète à l’unité, deux œufs. Pour les sorties, je parle en coupe de champagne ou de vin. Cela est un peu militaire, mais le but est qu’ils ne s’en aperçoivent pas. ■

Benedicte Le Panse - Force athletique 2 - SanteSportMagazine

Force athlétique, le bon mouvement

Bénédicte nous a délivré ses conseils pour exécuter les bons gestes aux mouvements de squat, de développé-couché et de soulevé de terre.

● Squat

Dans un premier temps, pour les néophytes, il est possible de réaliser le mouvement au poids de corps avec le dos droit et les hanches bien placées. Chargez progressivement ! il faut, également, faire attention de ne pas rentrer les genoux, de les aligner sur la pointe des pieds, et avoir toujours le regard fixe pour ne pas faire rouler la barre sur la tête. Pour protéger ses genoux, un demi-squat suffit.

● Développé-couché

il est le mouvement de base des salles de musculation. On conseille également de commencer avec une barre légère, voire avec un manche à balai. Pour les athlètes ayant des problèmes de dos, il est possible de soulever les jambes pour avoir les lombaires bien plaquées sur le banc.

● Soulevé De terre

Ce mouvement est plus facile que les deux autres. il faut avoir un dos plat, la barre toujours collée au niveau des tibias, et la remonter en la glissant le long des jambes. il existe deux prises : la « prise haltérophilie » qui consiste à placer les pieds parallèles sous la barre, et la « prise du sumo » c’est-à-dire avec les pieds très écartés. Cette dernière permet de prendre la barre entre les jambes et donc de protéger le dos.

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