Surentraînement féminin

Aurélie vient me voir pour un certificat d’aptitude à la course à pied. Elle prépare les «­20 Kilomètres de Paris ». Elle s’entraîne trois fois par semaine, le plus souvent avec son mari. Je lui demande de réaliser le test des « trente accroupissements », et je commente les résultats.

Le doc : Au repos, votre cœur bat à 84 par minute, c’est un peu élevé pour une coureuse assidue. Vous montez à 144, juste après l’effort et vous mettez trois minutes à récupérer. C’est moins bien que l’année dernière alors que vous courez plus longtemps… Êtes-vous fatiguée ?

Aurélie : Oui, probablement ! Les séances sont un peu dures depuis que nous avons un objectif. Et puis mon mari n’arrête pas de m’encourager… et je tente de le suivre !

Le doc : Aïe ! Voilà un grand classique du surentraînement féminin. Statistiquement, les femmes ont des aptitudes à l’endurance 15 % plus faibles que celles des hommes. Si vous vous accrochez derrière, vous êtes en surrégime de façon chronique… et vous vous épuisez.

Aurélie : Alors, comment faire ? J’aime bien ces sorties à deux.

Le doc : Il y a quelques astuces. Il faut dissocier le thème de vos séances. Lorsque votre mari fait une sortie de récupération active, suivez-le ! Vous serez sûrement au seuil de l’essouffl ement. Affi nez avec votre cardiofréquencemètre. Quand c’est à votre tour de vous régénérer, il peut programmer du fractionné court type 30 secondes vite / 30 secondes lentement… Et il revient vers vous en trottinant. Allez ensemble au stade. Sur piste, chacun enchaîne ses fractionnés à vitesse adaptée. Pour les sorties longues, je vous suggère de lui mettre un sac à dos. Au minimum, il est invité à emporter les boissons de l’effort.

Par le docteur Stéphane Cascua, médecin du sport.

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