Léo Bergère, jeune espoir

À tout juste 21 ans, Léo Bergère vient d’intégrer les World Triathlon Series (WTS), le circuit « championnat du monde élite ». Profil atypique sur le circuit, le triathlète a commencé ce sport tard, après plusieurs années de gymnastique. Rencontre avec un jeune triathlète que l’on devrait être amené à revoir.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre

 

En mars dernier, Léo Bergère a terminé 11e lors de la première étape du WTS à Abu Dhabi. Une entrée honnête pour l’étudiant en STAPS dans le circuit élite. Après une 4e place au championnat d’Europe de sprint en 2016 et une médaille de bronze aux championnats du monde junior, à Chicago, en 2015, le jeune triathlète devait se confronter aux meilleurs. Aujourd’hui, il s’entraîne dans le groupe de Raphaël Mailharrou, à Échirolles, au côté de Dorian Coninx. Son ascension a été rapide, notamment pour un athlète qui a commencé le triathlon à 15 ans. Il possède également un profil atypique car il n’a pas un parcours de nageur mais pratiquait la gymnastique avant de se mettre au vélo et au triathlon.

Il est rare d’atteindre un tel niveau de compétition, si rapidement, après avoir commencé le triathlon sur le tard… et un parcours de gymnaste !

C’est vrai ! Les triathlètes sont souvent des nageurs qui courent un peu, participent à des cross l’hiver, et qui se rendent compte qu’ils sont bons, qu’ils ont un bon moteur. C’est plus rare d’arriver de nulle part ! J’ai ainsi commencé avec de grosses lacunes en natation. Je ne possédais pas un passé de nageur, mais je savais courir et pédaler. La natation est toujours une faiblesse, mais j’ai un peu comblé mon retard.

Privilégiez-vous donc cette discipline à l’entraînement ?

Pas vraiment. La natation est au même niveau que les autres sports, mais j’essaie d’y mettre une implication plus importante. Sur chaque mouvement, j’essaie de progresser.

Leo Bergere_FFTriathlon_©JamesMitchell

Intégrez-vous l’alimentation à votre préparation ?

Oui, certains fondamentaux sont à respecter pour tenir l’entraînement, dont le sommeil et l’alimentation. Cette dernière est très importante. Il faut faire attention. Pour moi, c’est un peu particulier car j’ai une intolérance forte au gluten. J’ai des problèmes digestifs dès que j’en mange. Je l’ai donc supprimé de mon alimentation. Et ce n’est pas pour l’effet de mode, car si je pouvais manger des pizzas ou du pain, je me ferais plaisir. Heureusement, il y a de nombreux ingrédients qui remplacent le blé : le riz, les lentilles, les patates…

Avez-vous un suivi avec un nutritionniste ou êtes-vous livré à vous-même ?

Je m’en occupe tout seul. Mais le médecin qui nous suit sur Grenoble est toujours disponible pour nous conseiller. Je reste cependant assez autonome.

Êtes-vous régulièrement victime de blessure ?

Je n’ai pas eu de blessure depuis deux à trois ans. Je pense que la musculation et la PPG y sont pour quelque chose, car l’arrêt des blessures a commencé avec le début de ces entraînements. Il m’arrive toutefois d’avoir, de temps en temps, des petits soucis que l’on peut régler avec la kiné ou l’ostéo, mais pas de gros bobos qui m’obligent à m’arrêter plusieurs semaines. Le plus important est d’avoir un bon kiné et un bon ostéo que l’on voit régulièrement.

Quels sont vos objectifs ?

Pour cette année, c’est le championnat d’Europe élite qui aura lieu le 18 juin, à Kitzbühel, en Autriche, puis les championnats du monde espoirs à Rotterdam, fin septembre, avec l’objectif d’un podium.

Avez-vous en tête les Jeux olympiques ?

Si l’on veut aller aux Jeux, il faut l’avoir dans un coin de sa tête. Mais il faut éviter de le crier sur tous les toits. Aujourd’hui, il y a une marche importante qui me sépare d’une qualification olympique. Il faut donc que je me concentre sur mes entraînements… tous les jours, et que j’avance dans cette direction. Mais il faut avoir défini ses objectifs, que ce soit clair dans sa tête. Sinon, on ne sait pas où l’on va. ■

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