Comment trouver semelle à son pied?

Trouver semelle à son pied

Les chaussures de sport sont au cœur de l’équipement de nombreux sportifs. Selon les sports, les besoins varient: amorti, dynamisme, flexibilité, accroche, durabilité, mais aussi système anti-pronation ou anti-supination. Les marques et les modèles ont envahi les rayons. Les consommateurs ne s’y retrouvent pas toujours. Éléments primordiaux dans la chaussure, les semelles! Elles possèdent différentes caractéristiques : épaisseurs différentes, avec ou sans crampons, minimalistes ou classiques. Quels sont vos besoins au milieu de toutes ces offres? Cramponnez-vous, car il n’est pas évident de s’y retrouver.

Par Gaëtan Lefèvre.

Selon une étude réalisée par la Fédération Française des Industries Sport & Loisirs (FIFAS), plus de 8 millions de Français pratiquent la course à pied. Le marché global du running s’élève à 850 M€ en France. Il est principalement porté par le segment de la chaussure avec 8,2 millions de paires vendues par an pour un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros. Le marché de la chaussure de running se porte donc bien. Et pour cause, cet équipement est primordial pour le coureur.

La chaussure, notre lien avec le sol

La chaussure est notre intermédiaire avec le sol. Notre contact et notre appui lors d’une marche ou d’une sortie en course à pied reposent sur elle. Elle est un équipement à la fois de sécurité et de performance. Pour les coureurs et les marcheurs, elle est l’équipement principal ! Elle permet de protéger le pied, de maintenir la cheville et de ne pas glisser. En plus de l’élément « sécurité », elle doit être confortable, permettre d’amortir les chocs mais aussi d’assurer un maximum de dynamisme, c’est-à-dire de renvoi du pied pour être plus performant.

Indissociable de la chaussure, la semelle est un élément très important, si ce n’est l’essentiel. Les marques  l’ont bien compris, comme Merrell® et sa semelle Vibram Artic-Griptm à « l’accroche inégalée sur la glace » (photo 1) ou Adidas® et ses capsules « d’énergie » qui composent sa technologie Boost offrant un meilleur amorti et plus de « renvoi d’énergie » (photo 2). De grandes sociétés telles que Michelin®, associée à la marque Mizuno® (photo 3) se sont également lancées dans l’aventure. SantéSportMagazine a disséqué quelques semelles.

 

Une offre variée et une demande exigeante

Les critères habituellement pris en compte lors des tests de chaussures sont : l’amorti, le confort, le laçage, la stabilité, l’accroche (sur sols durs et sur sols mous, sur sols secs et sur sols mouillés) et le dynamisme. Des tendances globales émergent. Certains modèles de chaussures sont plus tournés vers le confort, le déroulé du pied et le dynamisme. D’autres répondent à des besoins spécifiques, par exemple équipés de semelles avec crampons pour des terrains particuliers tels que la montagne, possédant ainsi une meilleure accroche et une protection du pied. Des tendances apparaissent également, comme le « minimalisme » dont l’idée est de se rapprocher de la course pieds nus. Ainsi, de nouveaux critères sont à prendre en compte lors de l’achat d’une paire de chaussures, comme le « drop », c’est-à-dire la différence entre la hauteur du talon et celle de l’avant du pied.

L’offre de chaussures ne cesse de s’élargir, mais la demande n’y est pas pour rien. Selon son activité, l’athlète a besoin d’une bonne paire de chaussures comportant une semelle spécifique. Celle-ci a pour premier objectif la protection contre les aspérités du terrain: être protégé des cailloux, des objets coupants, des sols glissants, du froid, etc. Ensuite, elle permet d’amortir l’impact du pied sur le sol. La répétition des chocs créée, par la course à pied principalement, sollicite énormément la chaîne musculaire et la structure osseuse. Elle peut être responsable de douleurs, voire de blessures. Enfin, certains athlètes cherchent plus de performance, de dynamisme. Ce critère est très important pour les concepteurs de chaussures de running, mais aussi pour les coureurs car il aide lors de la phase de propulsion, c’est-à-dire au moment de la poussée avec le pied. Toutefois, plus un sol ou un équipement redonne d’énergie, plus l’athlète sollicitera son système musculaire en freinage excentrique. Le dynamisme peut intervenir au détriment de la sécurité et du confort, diminuant l’amorti et le maintien de la cheville.

La position de votre cheville

Parmi les critères très importants à prendre en compte, il en existe un dont les coureurs entendent souvent parler, la position de la cheville et le type de foulée. Il existe trois grandes catégories: neutre, l’arrière-pied reste perpendiculaire au sol et le pied est dans un axe neutre; pronateur, l’arrière-pied s’affaisse ou « chute » vers l’intérieur, avec un écrasement de la voûte interne; et supinateur, l’arrière-pied et l’avant-pied sont entraînés vers l’extérieur. Il est essentiel de connaître son type de foulée lorsque l’on souhaite être bien chaussé. Pour le connaître, vous pouvez analyser d’anciennes chaussures de running usées (regardez le côté dont l’usure est la plus marquée), mais nous vous conseillons de vous tourner vers un podologue pour réaliser une analyse plus précise. Ainsi, certains modèles de chaussures vous proposeront de corriger votre foulée… si besoin. Par exemple, un système anti-pronation possède une semelle renforcée sur les bords intérieurs du pied pour éviter son affaissement interne et celui de la cheville.

Minimalisme, les semelles fines

Depuis quelques années, le concept de « minimalisme » émerge. Nous entendons parler de « courir en minimaliste » et de paire de « chaussures minimalistes ». L’idée naît avec le concept de foulée « naturel ». Ainsi, l’Homme n’est pas né avec une paire de chaussures aux pieds. Le produit commence donc a être remis en cause. On l’accuse de déclencher certaines douleurs et de déformer la foulée par une attaque sur le talon, entraînant des ondes de choc pour le squelette, des douleurs et des blessures aux genoux et au dos. À l’inverse de celles-ci, les chaussures minimalistes incitent le coureur à attaquer par l’avant du pied. En conclusion, une semelle épaisse protège le pied, mais elle n’aide pas au développement de la prise d’appui et diminue la perception de l’impact, à l’inverse des chaussures minimalistes. Frédéric Brigaud, ostéopathe DO, définit ce concept, dans son ouvrage Guide de la foulée avec prise d’appui avant-pied: « Différents aspects déterminent le degré de minimalisme d’une chaussure:

  • l’absence de drop: le talon et l’avant-pied sont à la même hauteur;
  • la semelle est fine et souple, en ce sens qu’elle se tord ou se déforme dans tous les sens, permettant au pied d’épouser au mieux la forme du terrain, proche d’un appui pieds nus;
  • la souplesse de la semelle et de la tige permet au mécanisme de torsion du pied de s’opérer. Ainsi, en appui avant-pied, le talon peut se déplacer latéralement par rapport à l’avant-pied, faisant évoluer la forme de l’arche interne qui se creuse ou s’aplatit selon le degré de torsion;
  • la largeur de la boîte à orteils ne limite pas l’étalement de l’avant-pied;
  • la neutralité de la chaussure, et plus particulièrement de la semelle, ne modifie pas la biomécanique du pied. »

Lorsque l’on entend « minimaliste », on pense généralement aux chaussures Vibram FiveFingers®, en forme de gant pour les pieds (photo 4). Cependant, de nombreuses marques ont développé leurs modèles de chaussures minimalistes, pas forcément sur le principe des orteils libres, comme les chaussures Trail Glove 4 de Merrell® (photo 5). Il existe également de nombreux modèles minimalistes, en fonction du terrain sur lequel on court ou de son niveau: avec des épaisseurs de semelles plus ou moins larges, possédant des crampons ou non, etc. Attention, toutefois! Même si les arguments de cette tendance « minimaliste » sont intéressants, les bénéfices de cette pratique sur le long terme ne sont pas clairement prouvés. De plus, de nombreux facteurs sont à prendre en compte pour conseiller à un coureur de passer au minimalisme. Ainsi, si vous êtes débutant en course à pied, si vous revenez de blessures, si vous êtes en surpoids, renseignez-vous auprès de professionnels de la santé.

Il arrive également, comme le souligne Éric Beauval, diplômé d’État de pédicurie podologie et de posturologie, dans son ouvrage Bien choisir ses chaussures de running, que des coureurs se tournent vers le minimalisme pour éviter des douleurs récurrentes pour lesquelles ils ne trouvent pas de solutions alors qu’il « se peut que ces coureurs, sans le savoir, soient équipés d’un chaussage classique qui ne leur convient pas ». Nous conseillerons donc une pratique réfléchie et adaptée des chaussures minimalistes avec, par exemple, des sorties plus courtes pour travailler le renforcement, une utilisation progressive de ce type de chaussures, etc. Le choix de chaussures de course à pied ou de marche, et les semelles qui conviennent, n’est pas si simple. Le meilleur des conseils que nous pouvons vous donner est de vous tourner vers un podologue pour une analyse complète de votre pied et de votre foulée, et ainsi ne pas acheter des chaussures que vous devrez rapidement ranger au placard.

Ouvrages:

Guide de la foulée avec prise d’appui avant-pied de Frédéric Brigaud : 8 € – Éditions Désiris. Ostéopathe, Frédéric Brigaud est consultant en biomécanique humaine, concepteur des principes posturo-dynamiques (EAD conceptTM) et rédacteur de différents ouvrages sur la marche, la course et le pied.

Bien choisir ses chaussures de running de Éric Beauval :12,50 € – Éditions Amphora – https://ed-amphora.fr Éric Beauval est diplômé d’État de pédicure podologie de l’IKPO de Lille et de posturologie au CIES.

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