Le mouvement au cœur de la kinésiologie

La kinésiologie, qui étudie les mouvements et les postures du corps humain d’un point de vue biomécanique, articulaire et musculaire, est une discipline peu connue pouvant aider les sportifs. Présentation et explication!

Par Sarah ALIMONDO, présidente du Syndicat national des kinésiologues – snkinesio.fr

La kinésiologie accompagne le sportif dans son évolution de la pratique et dans la préparation à la compétition. Aujourd’hui, cette approche tend à se développer et la demande est de plus en plus croissante, autant chez le sportif amateur que dans le sport de très haut niveau. SantéSportMagazine s’est intéressé à cette pratique encore peu connue.

La science du mouvement

La kinésiologie n’est ni une médecine, ni une thérapie et n’a aucun désir de l’être. Elle laisse aux médecins et aux spécialistes le soin de traiter les malades et leurs maladies. Elle travaille en amont, sur la santé et le bien-être de l’individu, et s’envisage comme une approche éducative et préventive. Étymologiquement, «kinésiologie» vient du grec kinesis qui signifie «l’action de se mouvoir ou le mouvement». Au sens figuré, elle représente le mouvement de l’âme (source: dictionnaire grec-français – A. Bailly). En Amérique du Nord, ce nom est utilisé pour parler de l’étude des mouvements du corps humain, de ses composants biologiques (anatomiques, physiologiques, neurologiques, biochimiques, biomécaniques) et sociaux (sociologie, psychologie). La kinésiologie étudie le rapport entre la qualité du mouvement et la santé humaine globale.

Jusqu’alors peu connue des Français, elle est en progression constante et les consultations ont augmenté de 184 % en deux ans.  Ce plébiscite pour la profession s’explique facilement: de plus en plus de personnes recherchent un état d’équilibre et de bien-être physique et émotionnel.

Test musculaire au centre d’une séance

Au centre d’une séance, le révélateur des déséquilibres se trouve être le «test musculaire». Celui-ci permet d’identifier les désordres émotionnels, musculaires, posturaux, fonctionnels ou encore énergétiques (dans le sens des méridiens d’acupuncture). Il permet également au corps de retrouver son équilibre. Et finalement, de vérifier que celui-ci a bien enregistré ces équilibres dans la durée. Il constitue un outil de travail important pour les kinésiologues.

Les résultats de ces tests musculaires ont été observés tout d’abord, aux États-Unis, par Lovett en 1912, puis par Kendal en 1949. Dans les années 1960, le docteur George Goodheart, chiropracteur, développe sur les bases du test musculaire un nouveau concept appelé «kinésiologie appliquée». Son disciple et collaborateur, le docteur John Thie, démocratise ce concept dans les années 1970 en créant le Touch for health ou «Santé par le toucher», pour l’orienter vers une vision plus énergétique, base de tout l’édifice de la kinésiologie moderne.

Le test musculaire utilisé en kinésiologie répond à des lois et des principes bien définis. Il est donc important de bien en connaître son fonctionnement. Il consiste à évaluer le tonus d’un muscle en lui opposant une pression légère à la contraction, tout en testant un éventuel facteur de stress (émotion, attitude, situation, mouvement, position corporelle). Le kinésiologue se sera auparavant assuré de la fiabilité du tonus de ce même muscle par ce que l’on nomme des pré-tests faisant office d’étalonnage.

Influx nerveux et ressenti subjectif

L’un des principes fondamentaux utilisé en kinésiologie est le principe éducatif. Pour chaque équilibration et à l’aide du test musculaire, il s’agit de:

  • montrer au corps ce qui le déséquilibre;
  • montrer au corps ce qui le rééquilibre;
  • effectuer la correction qui permet au corps de le rééquilibrer;
  • montrer au corps que le déséquilibre est corrigé.

Ces quatre étapes sont nécessaires à l’ancrage des corrections. Ainsi et de façon plus précise, c’est un outil de retour de l’influx nerveux entre le système nerveux et le cerveau qui permet d’identifier les origines du déséquilibre et d’agir sur la cause du problème, sans se limiter à son symptôme.

Le test musculaire repose cependant sur les ressentis, les réactions de la personne face à une situation donnée, et non sur la situation elle-même. Le cerveau ne faisant pas de distinction entre le réel, le symbolique, l’imaginaire ou le virtuel, les réponses musculaires doivent être reçues avec prudence. Le kinésiologue travaille de façon objective sur de la subjectivité et non sur de l’objectivité. Seule la personne qui est testée est en mesure de le faire, participant ainsi activement à sa démarche personnelle.

Des sportifs ouverts à la discipline

Le kinésiologue peut agir sur la récupération en débloquant des tensions musculaires, en améliorant la posture et la motricité par des exercices d’intégration corporelle, et en agissant sur la vitalité par une bonne circulation énergétique au niveau des méridiens d’acupuncture. Il peut également apporter une solution à la gestion de la pression en compétition (et même pour certains à l’entraînement), en travaillant sur des sujets très ciblés tels que la peur de perdre, le regard des autres, les doutes et les complexes, ou la capacité à se concentrer avant une épreuve. À l’heure actuelle, plusieurs sportifs de haut niveau sont ou ont été suivis par des kinésiologues.

Parmi ces athlètes, le rugbyman, ancien international, Christophe Dominici en parle dans son livre Bleu à l’âme. Dans un chapitre nommé «Comment la kinésiologie a bouleversé ma vie», il livre son expérience face à cette discipline qui l’a accompagné «dans la découverte de son stress». Pour lui, la kinésiologie «aide le sujet à remettre chaque chose à sa place, le souvenir du corps d’un côté, l’émotion de l’autre», et cela lui a été salvateur.

Le syndicat national de kinésiologie

Actuellement, il n’y a pas eu d’études comparant la kinésiologie à un traitement de référence et les résultats sont circonscrits aux déclinaisons particulières des interventions étudiées. Des résultats positifs ont été trouvés pour la reproductibilité du test musculaire de base de la kinésiologie appliquée professionnelle, mais ils sont à prendre avec précaution compte tenu de limites méthodologiques. La plus grande prudence s’impose lors du recours à ces pratiques, de surcroît très hétérogènes. SantéSportMagazine vous conseille donc de vous tourner vers le Syndicat national des kinésiologues (SNK) pour prendre contact avec un praticien compétent et formé.

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