TEDDY RINER, TOUJOURS LES MÊMES GESTES

 À seulement 22 ans, Teddy Riner n’est plus un athlète que l’on a besoin de présenter. Son extraordinaire palmarès, composé de 5 titres mondiaux, l’a déjà fait rentrer dans l’histoire. Du haut de ses 2 mètres 04 et de ses 131 kg, ce jeune judoka planifie tout à l’avance : préparation, alimentation, sac de sport, musique…

Propos recueillis par Gaëtan Lefevre

 

Quelques semaines avant sa médaille d’or (+ 100 kg) aux championnats du monde de judo 2011, SanteSportMag est parti à la rencontre de Teddy Riner pour aborder sa préparation.

Pouvez-vous nous décrire votre préparation pour les mondiaux 2011 !

Une préparation commence minimum 2 à 3 mois avant la compétition. Généralement, j’ai 3 à 4 entrainements quotidiens. On attaque la journée en se donnant rendez-vous à 7h30 sur le bord d’une plage ou devant l’hôtel pour partir en footing. À 10h, on boucle la matinée avec le 2ème entrainement. On travaille alors soit de la technique, soit du physique. Enfin l’après-midi, on monte sur le tatami pour le randori. Il s’agit de judo pur. Des partenaires en face à face et… c’est la guerre.

Combien d’entraineurs vous entourent ?

Ils sont 6 : 2 chez les jeunes, jusqu’à 15-16 ans, et 4 au niveau Équipe de France. Il y a LE patron qui va gérer les équipes et être sur le terrain, et ses adjoints. Chacun à sa spécialité !  On a, par exemple, le bosse du sol, le spécialiste de la muscu, etc.

Comment se déroule vos séances de préparation physique ?

L’objectif est de renforcer l’ensemble du corps. On alterne entre 2 types de préparation physique. Soit on va faire de la muscu, c’est-à-dire des exercices avec des barres : des poussées, des tirées, du squat, etc. Ou bien, on va avoir un circuit composé de 7 ou 8 ateliers : travail avec des poids de différentes tailles, des pompes, de la corde à sauté dynamique, du gainage, etc. La préparation physique est vraiment intense. Aucune partie du corps n’est laissé au repos.

Vous vous êtes récemment blesser à l’annulaire droit. Qu’est-ce qui vous est arrivé ?

Il s’agit d’une désinsertion partielle de la poulie A2 de l’annulaire droit. Mon doigt a sauté sur un lâché de garde pendant les championnats de France 1ère div par équipe.

À moins de quelques semaines des mondiaux, comment vous soignez-vous pour être prêt à temps ?

Pour l’instant, je garde cette bague et je bosse surtout le physique. Il me reste encore 10 jours après je reprendrai normalement.

Quelle a été la plus grosse blessure de votre jeune carrière ?

J’ai eu l’acromio, un latéral, un arrachement osseux…  Il y en plein. J’ai au moins une blessure par an.

Laquelle a été la plus gênante ?

Le coude ! Je ne pouvais plus attraper, donc plus de judo. Lorsqu’il s’agit d’articulation, on est complètement bloqué. On ne peut plus combattre.

Faites vous attention à votre alimentation et votre hydratation ?

L’Équipe de France est parfois encadré par des cuistos qui leur préparent les « bons repas ». Cependant, après quelques années, on se connait. Lorsque je commence une préparation, je mange beaucoup de légumes et de crudités. J’essaie d’avoir un plat avec mi-légumes et mi-féculents. Je varie les viandes : viande blanche, viande rouge, poisson. Pendant les repas, je bois que de l’eau. Hors de table, la seule boisson, autre que l’eau, que je consomme est Powerade. Je ne peux pas boire un coca. Je cherche à être le plus performant possible et, en entraînement ou en compétition, on transpire beaucoup. J’ai donc besoin d’arrivé de sucre et de minéraux par rapport à mes pertes de sels. Mon partenariat avec Powerade n’a rien à voir avec le fait que je cite  la marque partout ou que je consomme la boisson. Depuis mes 14-15 ans, j’en bois. Avec mon psychologue de l’époque, on a mis en place un schéma de préparation. Et boire Powerade fait partie de ce schéma, notamment en période de préparation.

Donc vous consommez Powerade avant, pendant et après l’effort !

Pendant une compétition, j’en bois avant et après. La compétition est une course contre la montre. Il faut donc s’organiser et réfléchir aux quantités que l’on boit pour ne pas arriver trop lourd sur le tatami. Le jour du combat, je consomme du Powerade en début de journée. Dès que le combat arrive, je me réhydrate immédiatement avec de l’eau. Mon hydratation pendant les entrainements est différente. Chaque exercice est coupé par des pauses de 20 secondes de récup. Je vais donc pouvoir foncer prendre la bouteille de Powerade pour boire. L’entrainement est toujours plus dur que la compétition. Il y a des moments où je n’ai plus de force. Je suis par terre et j’ai besoin de quelque chose qui va me faire repartir tout de suite.

Vous avez abordé le sujet de la préparation mentale. Comment vous préparez-vous ?

Depuis mes 14 ans, je suis suivi par un psychologue qui me conseille et m’aide à m’organiser. Ensemble, on a mis en place un schéma que je reproduis à chaque compétition. J’ai besoin d’être structuré, de savoir ce qui était bon pour moi et ce qui ne l’est pas. Alors, je me sens bien dans ma peau. Par exemple, tu trouveras toujours les mêmes choses dans mon sac. J’ai ma compote, mon paquet de bonbons, mes Powerade, ma bouteille d’eau, une bouteille d’eau gazeuse, mes kimonos et mon casque de musique avec un ordinateur, au cas où il n’y aurait plus de batterie. Parce que la musique est quelque chose de très important dans ma préparation avant un combat. Et je porte toujours la même ceinture.

Et quelles musiques écoutez-vous avant un combat ?

Dancehall, zouk, RNB, classique, Soul, Ragga…, il y a tout. Je n’écoute pas toujours la même chanson pour me préparer. En général, pendant la période de préparation je trouve LA musique dont j’ai besoin et là… je l’écoute en boucle.

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