NATHALIE MAUCLAIR – LE REFLET D’UNE CHAMPIONNE

Issue du monde du V.T.T., Nathalie MAUCLAIR a chaussé les running sur le tard. Après avoir décroché le titre de championne de France vétéran en semi-marathon (1h21) et en marathon (2h49), elle intègre le team Lafuma®. Cette année, elle a remporté le titre de championne du monde de trail au Pays de Galles. Une progression fulgurante qu’elle nous raconte.

Propos recueillis par Gaëtan Lefèvre

 SantéSportMagazine Féminin n°9 - Nathalie Mauclair - credit Lafuma

Nathalie MAUCLAIR Impressionne résultats, sa brillante progression, sa volonté mais aussi par sa gentillesse. Très disponible, elle s’est livrée à SantéSportMagazine.

Vous avez commencé la course à pied tard. Très vite, vous avez évolué dans ce monde. Pouvez-vous nous présenter votre rencontre avec la course à pied ?

J’ai effectivement commencé la course à pied à 40 ans. Avant, je pratiquais le V.T.T. en compétition. Malheureusement, un enchaînement d’événements m’a fait arrêter ce sport. Tout d’abord, une blessure assez grave puisque je me suis fracturée une vertèbre. Ensuite, j’ai eu des enfants. J’avais envie de reprendre le sport. Cependant, les compétitions de V.T.T. me faisaient un peu peur. Alors, de temps en temps, je chaussais mes running pour aller courir. Le 31 décembre 2009, alors que je fêtais la nouvelle année avec des amis, un copain m’a sollicité pour courir un marathon. Il s’agissait du marathon du Mont-Saint-Michel qui se courait le 9 mai 2010 : le jour de mes 40 ans ! Un signe ? J’ai décidé de relever le défi ! Mon premier objectif était de le courir en 3h30. J’ai rencontré Dominique CHAUVELIER, plusieurs fois champion de France de marathon, qui a un club d’athlétisme près de là où j’habitais. Il m’a réalisé un plan d’entraînement pour courir le marathon en 3h15. Je me suis entraînée dur. Le matin de la course, je me sentais bien et je me suis dit que je pouvais le courir en 3h. Finalement, j’ai bouclé mon premier marathon en 2h56. Je suis ensuite devenue championne de France vétéran 2010 sur semi et marathon.

Comment en êtes-vous venue au trail ?

Venant du V.T.T., l’orientation vers le trail me semblait logique. Pourtant, le cheminement pour y arriver l’a beaucoup moins été. À la sortie de ma première année de course, fi n 2010, j’ai souhaité me mettre au trail et participer au Trail Tour National (TTN). Cependant, ma fi n de saison a été marquée par une blessure. Ce que je voyais comme une blessure anodine qui n’entraînerait que 2 semaines d’arrêt m’a pénalisée pendant 6 mois. Impossible de me lancer sur le TTN. Ma saison de trail prenait fi n avant même d’avoir commencé. Suite à cette désillusion, je me suis concentrée sur la participation à des raids et sur ma préparation pour la course des Templiers. Contre toute attente, j’ai fi ni 2e ! J’ai ainsi intégré le team trail Lafuma®.

Comment s’est passée votre rencontre avec le team Lafuma® ?

Ma rencontre avec la marque s’est faite par hasard. Je préparais mon premier marathon. Je participais à différentes courses. Sur un de ces événements, j’ai rencontré un athlète du team raid Lafuma® qui cherchait une femme pour participer à un raid. Je ne connaissais rien concernant le raid multisport mais ce défi m’intéressait. Je suis ainsi partie avec eux en Chine pour participer à mon premier raid. La course s’est très bien passée. J’ai donc intégré le team raid Lafuma®. J’avais ainsi un pied chez la marque. Après mon résultat aux Templiers, j’ai été sollicitée pour intégrer le team trail.

Vous nous disiez qu’après cette première année de course à pied intense, votre corps a dit «­stop­». Vous vous êtes blessée. Pouvez-vous nous raconter ?

Après ma première saison de course à pied, je me suis retrouvée avec une tendinite du moyen fessier. Il est toujours difficile de comprendre les causes de ce type de blessure. Je courais souvent et manquait de récupération. De plus, à 40 ans, le corps est plus sensible et moins résistant qu’à 20 ans. Mon kiné m’a dit que j’avais le bas du corps très musclé mais le thorax pas assez. J’avais donc un déséquilibre qui a pu provoquer cette tendinite. J’ai immédiatement pensé qu’il s’agissait d’une petite douleur anodine. Qu’il me suffi rait d’un peu de repos pour la faire disparaître. Mais non. J’ai dû me rendre à l’évidence : je devais m’étirer et faire plus de renforcement du haut du corps. Aujourd’hui, je me gère mieux. Je passe plus de temps à récupérer et surtout, je suis à l’écoute de mon corps.

SantéSportMagazine Feminin 9 - Nathalie Mauclair - crédit : Mauclair

Vous êtes mariée, mère et infirmière. Comment fait-on, avec un emploi du temps aussi chargé, pour devenir championne de France TTN ?

J’ai la chance d’avoir un mari qui me soutient à 100 %. Il me suit lors de mes sorties vélo. Il s’occupe des enfants, leur fait apprendre leurs leçons, etc. Ma famille m’accompagne lors des compétitions. J’ai un agenda bien rempli, oui. Mais, à 43 ans, on se dit que cela ne va pas forcement durer. On en profi te donc un maximum.

Vous avez participé à des courses sur route, à des raids et à des trails. Que pensez-vous de la place des femmes dans ces univers ?

Aujourd’hui, dans la course à pied, la place de la femme est connue et reconnue. Dans le trail, comme nous ne sommes pas nombreuses, nous sommes même chouchoutées. Dans le raid, le format de course international oblige les équipes à avoir 3 gars et 1 fille. C’est vrai que ce n’est pas équitable. Mais c’est déjà difficile de trouver une fille par équipe, on aurait du mal à atteindre une équité parfaite. En tout cas, je me sens bien. Je n’ai pas à réclamer ou défendre ma position.

Comment vous êtes-vous préparée pour cette saison, notamment pour attaquer le Grand Raid de la Réunion ?

J’ai un planning d’entraînement type, ou presque. Le lundi, j’ai une séance de course à pied, et une autre de vélo. Le mardi, uniquement vélo. Le mercredi, je cours. Le jeudi est dédié à la récupération. Le vendredi, je cours et parfois, en période intense de préparation, je rajoute une séance de natation. Le samedi, je pédale. Et le dimanche est consacré à ma sortie longue, d’environ 2h30, 3h en course à pied. Si j’ai le temps, j’aime aussi faire un peu de V.T.T. le dimanche. Je pratique environ 10 à 15h par semaine. En fait, je devrais plutôt dire 20h si j’ajoute le temps consacré aux étirements, à la relaxation… Je consacre environ 20h de mon temps à me préparer.

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