ARRÊTEZ DE VOUS ENTRAINER LE DIMANCHE !

Faire du sport le dimanche et QUE le dimanche, c’est dangereux ! Votre corps se désadapte entre ces deux séances trop éloignées et considère cette sollicitation comme une agression !

Par le docteur Stéphane Cascua, médecin du sport.

 SanteSportMagazine Senior 7 - arretez de vous entrainer le dimanche

Le dimanche, c’est le jour de votre séance de sport : un bon jogging dans les bois ! C’est bien, mais c’est loin d’être idéal ! Surtout si ce footing a pour mission de nettoyer votre soirée arrosée de la veille. Le pire, c’est encore la traditionnelle sortie vélo du club. Après 7 jours de sédentarité, vous voilà parti pour une virée de 100 kilomètres avec quelques attaques en règle dans les bosses ! Prudence et explications s’imposent.

PLUS DE CRISES CARDIAQUES EN CAS D’ENTRAÎNEMENT HEBDOMADAIRE

L’effort a sur le cœur un effet paradoxal. Pendant votre séance, vous stimulez votre cœur et sa demande en oxygène s’accroît ; votre risque de crise cardiaque augmente. Si vous êtes sportif, votre cœur prend l’habitude de cette sollicitation, il devient plus résistant ! Au repos, ou au cours d’une émotion de la vie quotidienne, votre risque d’infarctus est divisé par 2 à 3. Plus votre entraînement est fréquent, plus votre cœur préserve cette adaptation. Ainsi, une pratique régulière réduit aussi la probabilité de crise cardiaque pendant l’effort. Si vous effectuez 2 à 4 séances par semaine, pendant chacune d’elle votre probabilité d’infarctus est multipliée par 2,4. Si vous n’en faites qu’une seule, le risque est multiplié par 20 ! Se contenter d’un entraînement hebdomadaire n’est vraiment pas la solution idéale ! Souvenez-vous, votre corps progresse au rythme du processus de décompensation/surcompensation. Il se fatigue pendant l’exercice puis se reconstruit plus fort au cours de la récupération. En cas d’entraînement le dimanche, ce phénomène se produit le lundi ou le mardi. Le reste de la semaine, vos aptitudes diminuent et se calent sur les contraintes de votre vie quotidienne. Vous ne progressez pas ! Pire, votre organisme désadapté considère la séance suivante comme un stress ! Preuve en est, le risque accru de crise cardiaque ! À ce stade, quelques remarques s’imposent. La situation s’aggrave quand les séances sont encore plus rares. Si vous reprenez le sport ou si vous ne pratiquez que pendant les vacances, la probabilité de crise cardiaque pendant l’effort est multipliée par 100. Observez les chiffres, le risque d’infarctus chez un sportif entraîné pendant son footing est à peu près identique à celui d’un sédentaire dans son fauteuil. C’est encourageant ! Enfin, il faut noter que lorsque la décompensation est profonde, par exemple après un marathon, la surcompensation est bien plus longue. Conforté par un entraînement assidu au cours de votre préparation, vous pouvez vous octroyer une semaine de récupération sans scrupule ni inquiétude !

TROIS FOIS PAR SEMAINE : VOTRE CŒUR ADORE !

Les cardiologues du sport ont opté pour un consensus. La dose santé correspond à 3 entraînements cardiovasculaires chaque semaine. Un jour sur deux ! Le corps semble apprécier cette cadence : un jour de travail, un jour de récupération. Ces données correspondent à une réalité physiologique. L’effet de l’activité physique sur les facteurs de risque cardio-vasculaires répond à ce rythme. Le sport protège le cœur et réduit la pression dans les artères en diminuant la fréquence cardiaque de repos. En rebond à une séance d’endurance, le cœur ralentit comme pour optimiser sa récupération. Ce phénomène se prolonge environ 48 heures. L’exercice limite l’encrassement des artères en diminuant la concentration de sucre dans le sang et en augmentant le taux de protéines qui ramassent le cholestérol. À l’issue d’une séance « santé », les muscles sont demandeurs de glucose et aspirent mieux celui qui circule dans

CRISE CARDIAQUE À L’EFFORT ! QUE SE PASSE-T-IL ?

Quand vous faites du sport, le sang est propulsé plus vigoureusement par le cœur. La pression augmente dans les artères, notamment dans celles qui entourent le muscle cardiaque, les coronaires. S’il existe au sein de leurs parois une plaque de graisse, elle peut se déchirer. Il se constitue alors une véritable petite plaie qui provoque la formation d’une croûte. Ce caillot finit par obstruer l’artère. Le sang ne parvient plus à la portion de muscle cardiaque située en aval. Cette zone meurt, on dit qu’elle se «­nécrose» : c’est l’infarctus ou crise cardiaque. Plus rarement, le cœur privé d’oxygène fait une crampe. Il vibre de façon anarchique au lieu de se contracter harmonieusement pour éjecter le sang ! C’est la fibrillation ventriculaire. Si, dans les 3 minutes, la circulation sanguine n’est pas restaurée à l’aide d’un massage cardiaque ou d’un choc électrique administré par un défibrillateur, c’est la mort subite ! Pour l’anecdote, notons que les études montrent que tous ces évènements dramatiques sont plus fréquents le dimanche ! Normal, il y a plus de sportifs qui s’entraînent le dimanche… notamment ceux qui ne s’entraînent QUE le dimanche !

Comments are closed.