CHRISTOPHE PINNA – LA SPORT ACADEMY

Champion de France, d’Europe et du monde de karaté, Christophe PINNA est toujours resté dans l’ombre des David DOUILLET, Pascal GENTIL ou Teddy RINER. Sa notoriété naît avec sa participation en tant que professeur de sport dans l’émission de télé-réalité de TF1, Star Academy, de 2005 à 2008. SantéSportMagazine est parti à sa rencontre.

PROPOS RECUEILLIS PAR GAËTAN LEFÈVRE

 Christophe Pinna - SanteSportMagazine 28

Très actif dans le monde du sport, principalement dans la région de Nice, Christophe PINNA lance, pour lui et d’autres acteurs, de nombreux défis sportifs. De son travail dans les maisons de retraite à sa participation au Marathon des Sables, il nous livre son quotidien.

Aujourd’hui, quel(s) sport(s) pratiquez-vous ?

Je continue à pratiquer beaucoup de sports. Depuis que j’ai arrêté la compétition, le sport est devenu un schéma de bien-être, une philosophie de vie. Je vais régulièrement courir. Je pratique la planche à voile. Je joue au golf et au tennis. Et je skie aussi, dès que je peux. Le sport fait partie intégrante de ma vie. Le sport, le travail et la famille se mélangent. C’est une vraie passion !

Comment arrivez-vous à vivre du sport ?

Depuis toujours, même lorsque j’étais compétiteur, je n’ai jamais eu de trajectoire de vie. En karaté, qui n’est pas un sport professionnel, j’avais accès à des grandes écoles… Tout le monde nous disait « Préparez la reconversion… » Je ne l’ai jamais fait ! Je ne le conseillerai pas à mes enfants ou à d’autres personnes, évidemment. Cela est-il bien ou pas ? Le constat est que lorsque mes camarades se blessaient, ils en profitaient pour réviser leurs cours. Cette situation a créé dans leur tête une deuxième possibilité. Ils prévoyaient déjà leur reconversion. À l’inverse, lorsque j’étais blessé, je n’avais qu’une seule issue pour manger : revenir à la compétition. Eux, ils étudiaient un peu plus en se disant « On ne sait jamais ». Pas moi ! Et lorsque j’ai gagné les championnats du monde toutes catégories en 2000, je ne savais absolument pas ce que j’allais faire le lendemain. Si j’avais su… je n’aurais, peut-être, pas gagné. Et je ne serais, peut-être, jamais devenu entraîneur d’une équipe nationale.

Comment s’est d’ailleurs passée cette reconversion en tant qu’entraîneur ?

Plusieurs pays m’ont proposé d’entraîner leur équipe nationale. À l’époque, je ne voulais pas partir trop loin. Je me suis donc engagé en Grèce. J’ai été deux ans entraîneur à Athènes. Ensuite, la France m’a demandé de venir. Je suis revenu dans mon pays, mais l’expérience a été mauvaise. Les entraîneurs qui m’avaient formé étaient toujours présents. Pour moi, ils étaient en perte de vitesse et il était délicat de leur dire. Le climat n’était pas bon. J’ai quitté la France pour entraîner l’équipe nationale de karaté américaine, à Miami. Depuis Chuck NORRIS qui avait été champion de monde en 1992, le niveau déclinait. Cette aventure humaine et sportive a été merveilleuse. Durant cette période, on m’a aussi proposé d’entraîner à la Star Academy. J’ai signé un contrat avec TF1, tout en conservant mon poste, à mi-temps, aux États-Unis. J’ai doublé pendant deux ans. Ensuite, j’ai eu la proposition de travailler sur la candidature aux jeux Olympiques 2018 de Nice. Je trouvais cette opportunité fantastique. J’ai arrêté mon travail à la télévision. Nice a perdu mais le maire, Christian ESTROSI, m’a demandé de rester à ses côtés pour l’aider dans le développement du sport. J’y suis resté.

Christophe Pinna 2 - SanteSportMagazine 28

Et de là, vous en êtes arrivé à travailler avec les résidences de retraite ORPEA ?

Oui, je travaille avec ces résidences depuis maintenant un an et demi. En voulant aider un ami à garder la forme, je suis arrivé dans ce milieu des personnes âgées. J’avais créé un programme pour l’entraîner. En l’aidant, j’ai attiré l’attention. Le directeur de la maison de retraite m’a demandé si je pouvais aider deux ou trois autres personnes. J’ai accepté. On m’a demandé de monter un programme pour toutes les maisons de retraite du groupe ORPEA. J’ai immédiatement contacté des chercheurs pour récupérer des études sur les effets du vieillissement. Par exemple, si je remarquais que les micro-impacts pouvaient ralentir ou arrêter l’ostéoporose, je les intégrais dans mon programme. Ainsi, j’ai monté le programme Capacity. Je suis resté une année en immersion à Nice dans une maison de retraite qui s’appelle Corniche Fleurie. À ma surprise, la première fois que je suis parti voir une Agence Régionale de Santé (ARS), j’ai appris que le sport n’était pas considéré comme enjeu de santé public ou comme moyen thérapeutique non médicamenteux. Six mois plus tard, une instruction de décembre 2012 qui émane du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Santé reconnaissait le sport comme enjeu de la santé public. De là, mon programme a été accepté et j’ai pu le développer dans différentes régions.

Quelle est la spécificité du programme Capacity ?

Je n’ai pas mis au point un programme de sport général. Je suis parti des effets du vieillissement pour créer ce programme. Ce dernier n’a donc pas de valeur en dehors d’une maison de retraite. Il est très spécifique aux effets du vieillissement et prévu dans un cadre bien précis. Il est codifié. Lorsque le cours commence, il est le même à Nice, Marseille ou Montpellier. Ce programme comprend plusieurs socles. Le deuxième, par exemple, est de créer des activités sportives. Un événement de huit épreuves a donc vu le jour. Ces huit épreuves sont déclinées en une centaine d’exercices. Elles sont toutes regroupées avant noël pour des olympiades. Il était important pour moi de fixer des objectifs pour motiver les participants.

Pouvez-vous nous parler de l’opération « J’me bouge » ?

L’opération « J’me bouge » entre dans le cadre de ma fonction à la mairie de Nice. L’idée est de faire le lien entre les Niçois(es) et de gros événements sportifs. Je prends un exemple : à Nice, nous avons deux tournois de tennis. J’ai créé un « J’me bouge tennis » dont la finale se jouera sur le même terrain que les professionnels. Idem pour le marathon. J’entraîne des personnes, entre 18 et 65 ans qui n’avaient jamais couru de marathon et habitent Nice. L’idée était de dire : « Vous n’avez jamais couru de marathon. Venez ! Je vous entraîne. Et vous le finirez en 4h15 ». On a eu 1 200 inscriptions sur le site www.nice.fr. On a sélectionné 50 personnes sur leur profil et leur motivation, et non sur leurs compétences physiques. Ensuite, une dizaine a été éliminée pour diverses raisons. Le jour J, nous étions 40 sur la ligne de départ et autant sur la ligne d’arrivée. Encore une fois, l’important est de sensibiliser à la pratique du sport.

Pourquoi se lancer dans le défi du Marathon des Sables ?

J’avais déjà entendu parler du Marathon des Sables. À l’époque, je n’étais pas prêt à le faire. Mais cette idée était restée dans un coin de ma tête. Il y a quelques mois, je cherchais de nouveaux défis et des événements sportifs différents. Je suis retombé sur le Marathon des Sables. On était alors en pleine préparation pour le marathon à Nice. J’ai commencé à sonder certaines personnes. Trois d’entre elles se sont révélées prêtes à y participer, et à prendre le temps de se préparer. De là, je les ai enrôlées avec moi. Elles ont couru leur premier marathon de leur vie en avril dernier. L’année prochaine, elles seront au Marathon des Sables.

Pensez-vous qu’avec de l’entraînement, tout le monde pourrait courir le Marathon des Sables ?

Question délicate ! Je ne veux pas éviter la question mais… je pense que l’on a tous le droit de rêver. Et le rêve est le plus beau des moteurs. La pire des choses est de se mettre des barrières dans tout ce que l’on fait dans la vie. Après, il ne faut pas faire n’importe quoi. Surtout lorsque l’on a la responsabilité d’autres personnes. Pour répondre à la question, je ne sais pas ! Pour participer à des événements comme ceux-là, il faut, par la magie de la vie, s’être entraîné, avoir rencontré des personnes avec qui on ait envie de le faire et que cela corresponde à un passage de notre vie. On pourrait le comparer à une personne qui prendrait sa retraite dans un monastère, avec la douleur physique en plus. Pour moi, par exemple, le marathon correspond aujourd’hui à mon mode de vie. Cela n’était pas le cas, il y a 5 ans.

L’opération « J’me bouge » s’est-elle étendue à d’autres sports ?

Aujourd’hui, elle concerne le tennis et la course à pied. J’ai trois projets en ce moment : le golf, un raid multi aventure urbain, et emmener certains candidats qui ont fini le marathon de Nice sur le mythique marathon de New York. Pour être honnête, on vient de terminer le marathon de Nice. Là, je dois m’occuper de la préparation de quatre personnes pour le Marathon des Sables. J’ai le temps d’y réfléchir.

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