LE CŒUR DU TRAILEUR SE FATIGUE…

Laurent me consulte pour obtenir son certificat d’aptitude au trail. Il pratique du « longue distance ». Le doc : Comme chaque année, on va faire un bilan cardiologique.

Laurent : Je ne suis pas inquiet. Les sports d’endurance, c’est excellent pour le coeur !

Le doc : Oui, à « dose santé » ! Jusqu’à 1 heure par jour… comme nos ancêtres du paléolithique ! Vous pratiquez l’ « ultra » ! Nous ne sommes probablement pas programmés pour courir 40 à 60 heures d’affilée !

Laurent : Quels sont les dangers ?

Le doc : Les études montrent plusieurs phénomènes. En effectuant des échographies du coeur à l’arrivée des trails, on voit qu’il se contracte moins fort et se vide moins bien. Il est vraiment fatigué ! On constate également que des protéines cardiaques passent dans le sang. Les mêmes qu’au cours d’un infarctus ! Cela signifie que des fibres musculaires cardiaques se sont déchirées et que les membranes qui les entourent se sont perforées ! C’est d’autant plus marqué que le traileur a fait un bon chrono !

Laurent : Et sur le long terme ?

Le doc : Là aussi, c’est intrigant ! On assiste quelquefois à une dilatation du ventricule droit. La cavité qui reçoit le sang venant des muscles et le propulse vers les poumons se distend progressivement. De temps à autre, le réseau électrique qui transmet l’ordre de contraction en cheminant dans les parois du cœur droit est étiré. Le courant passe moins vite : on parle de « bloc de branche droit ». Sur les IRM analysant la texture du muscle, on constate parfois la présence de cicatrices, un peu comme des séquelles de claquage. Il est possible que ces « noyaux fibreux » favorisent des contractions cardiaques anarchiques.

Par le docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport.

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